Déjà examinée en commission des affaires sociales, la proposition de loi (PPL) du député Horizons Frédéric Valletoux sur l'accès aux soins arrive en séance publique lundi 12 juin. Ce vendredi, invité par l'Association des journalistes de l'information sociale (Ajis), l'ancien président de la FHF n'a pas caché sa satisfaction à mi-parcours. « Le débat (en commission) a été apaisé et constructif avec des solutions pragmatiques même si tout ne fait pas toujours consensus », a-t-il salué.
Pour améliorer l’accès aux soins, Frédéric Valletoux entend s'appuyer fortement sur les conseils territoriaux de santé (CTS), à l’échelle des bassins de vie, pour que ces derniers « deviennent l’agora de ceux qui prennent en charge les Français », à la fois organes de gouvernance et de démocratie sanitaire. Il espère aussi susciter une vraie dynamique sur le volet des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), en prévoyant une adhésion automatique des soignants au sein de ces communautés (sauf opposition expresse).
Côté exercice, il propose par ailleurs une limitation de l’intérim en début de carrière « qui n’incite pas à installation », souhaite instaurer un préavis de six mois en cas de départ. Surtout, il réclame davantage de participation des cliniques privées à la permanence des soins en établissement de santé (PDS-ES).
Crispations
Plusieurs propositions sont jugées contre-productives par la profession. Le collectif Médecins pour demain et l'UFML ont appelé à une journée de fermeture des cabinets libéraux ce vendredi 9 juin pour manifester leur mécontentement. « Je n'ai jamais connu de réforme qui n'a pas soulevé de crispation de la part des soignants », écarte Frédéric Valletoux.
Il maintient ses positions sur le préavis de six mois avant de déplaquer ou l'adhésion automatique à une CPTS. « Certains estiment que ce sont des contraintes. Or ce n'est pas le cas », a-t-il martelé. Avec l'adhésion aux CPTS, le député espère « impulser une dynamique pour que les soignants partagent les informations et une culture interprofessionnelle ». Quant à l'obligation de communiquer six mois avant un départ, Frédéric Valletoux veut « permettre aux territoires d’anticiper le départ par différents modes comme le salariat et le remplacement ». « J'ai eu une maternité qui a fermé en deux mois. Quand cela arrive, c'est très désagréable », a-t-il illustré.
L'exaspération des députés
Devant la presse, le député Valletoux est enfin revenu sur la crainte suscitée par une éventuelle régulation à l'installation ou le retour des gardes obligatoires. Si, jusqu'à présent, le député ainsi que le gouvernement ont repoussé toute mesure contraignante, Frédéric Valletoux avertit une nouvelle fois la profession. « À l'Assemblée nationale, certains élus veulent aller vers des mesures coercitives sur l'installation. L'exaspération est forte. Beaucoup en sont là, car ils ont l'impression que la profession n'a pas accompagné les évolutions sociétales. Du coup, d'autres vont s'en occuper et il faut bien apporter des réponses. »
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