Gardes : les régulateurs de l’Oise menacent à leur tour de faire grève

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Publié le 18/06/2019
Régulation

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Crédit photo : BURGER/PHANIE

Depuis samedi midi, six des sept secteurs de garde de l’Oise sont en grève. Et ils pourraient bientôt être rejoints par les régulateurs du département. En cause, la dernière version du zonage qui a vu de nombreuses zones de l'Oise perdre leur qualification de zone d’intervention prioritaire (ZIP) ou de zone d’action complémentaire (ZAC) et donc les avantages (défiscalisation des majorations et des forfaits d’astreintes pour les effecteurs et les régulateurs, accueil de signataires d’un CESP…) qui vont avec.

Si le zonage actuel est maintenu, l’Association de médecins régulateurs libéraux (AMGRS) de l’Oise menace à son tour de se mettre en grève. « Lire que l'Oise n'est plus en zone déficitaire n'est pas tenable », écrit dans un courrier adressé à l’ARS des Hauts-de-France le Dr Jean-Claude Plessier, président de l’AMGRS 60.

Renvoi systématique vers les urgences

Contacté par « Le Généraliste », le Dr Plessier confie que de nombreux patients du département attendent le week-end pour appeler la régulation libérale car ils ne parviennent pas à trouver de médecin disponible en semaine. Le nouveau zonage est donc selon lui « complètement aberrant ».

Le Dr Plessier estime que ses confrères effecteurs « ont tout à fait raison » de faire grève. S’il n’entend pas entrer « dans un conflit immédiat », le praticien avertit l’ARS que la situation doit évoluer. « Cela va devenir très difficile de réguler, prévient-il également. Déjà que la régulation est très dangereuse sur le plan juridique… Nous allons être obligés d’envoyer tout le monde aux urgences ! » Ce week-end, le président de l’AMGRS 60 avait d’ailleurs donné pour consigne aux régulateurs libéraux de ne prendre aucun risque et d’envoyer systématiquement les patients vers les urgences.

Le Dr Plessier attend désormais une réponse de l’ARS. Si la situation ne change pas, l’AMGRS 60 pourrait prévoir des grèves ponctuelles à partir de la rentrée.


Source : lequotidiendumedecin.fr