Après quatre années consécutives de hausse, le nombre d’agressions déclarées, verbales et physiques, à l’encontre des praticiens a légèrement diminué en 2019. D’après l’Observatoire de la sécurité des médecins du Cnom, publié début décembre, 1 084 déclarations ont été recensées en 2019 contre 1 126 l’année dernière. Mais malgré ce coup d'arrêt, la tendance de fond reste inquiétante puisqu’en dix ans, le nombre de signalement d’incidents a été multiplié par dix.
Les cas d'harcèlement en hausse
Comme chaque année les généralistes restent les professionnels les plus ciblés et ont été à l’origine de 70 % des déclarations d’agressions auprès de l’Ordre, la même proportion qu’en 2018.
Dans la majorité des cas, l’agresseur est le patient (55 %) mais il peut aussi s’agir d’un accompagnateur (15 %) ou encore d’un membre de la famille (9 %). Dans deux tiers des cas (66 %), il s’agit d’agressions verbales et de menaces. Si les cas d’injures et de menaces sont moins fréquents en 2019 (59 % des agressions verbales contre 65 % en 2018), en revanche les cas de harcèlement sont plus fréquents avec 76 déclarations cette année alors qu’il n’y en avait eu que 17 l’année précédente. Le nombre d’agressions physiques augmente très légèrement cette année (8 % des incidents), en revanche les vols et le vandalisme sont relativement stables et même en très légère baisse.
Les reproches relatifs à la prise en charge sont toujours les motifs premiers des agressions (35 %) devant les refus de prescription (16 %) et les vols (13 %).
Les incidents en ville en baisse
Si les agressions en milieu urbain (centre-ville) sont toujours majoritaires, on note cette année une augmentation des incidents en milieu rural (21 % contre 17 % en 2018), ils dépassent désormais ceux qui ont lieu en milieu urbain (banlieue) qui diminuent et représentent 17 % des agressions déclarées contre 20 % l’année dernière. L’exercice ambulatoire continue à être le plus exposé en représentant 65 % des incidents déclarés, mais on observe une forte baisse puisqu’ils représentaient 79 % du total des agressions l’année dernière. 540 incidents ont par exemple eu lieu au cabinet en 2019 contre 692 en 2018. En revanche, la proportion d’incidents dans le cadre d’une activité dans un établissement de soins augmente fortement (25 %), particulièrement dans les établissements privés, passant de 3 à 15 %.
Il faut noter que si le nombre de professionnels qui donnent une suite aux incidents est déjà faible, il tend encore à diminuer. En effet seuls 41 % ont déposé une plainte ou une main courante en 2019 contre 46 % en 2018.
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