Le Conseil national de l'Ordre a indiqué jeudi qu'il saisissait le Conseil départemental de l'Ordre des Hauts-de-Seine, dont dépend le Pr Christian Perronne, chef du service d'infectiologie de l'hôpital de Garches. Cette procédure pourrait potentiellement aboutir à des poursuites disciplinaires. Auteur d'"Y a-t-il une erreur qu'ILS n'ont pas commise ?", livre à charge contre le gouvernement, qu'il accuse de n'avoir pas bien géré la crise du coronavirus, le médecin est dans le viseur de l'Ordre pour avoir notamment déclaré sur BFM-TV que l'hydroxychloroquine aurait peut-être permis d'éviter 25 000 morts si elle avait été prescrite largement en France.
Dans une autre interview télévisée, il avait accusé des médecins du CHU de Nantes d'avoir « laissé crever (son) beau-frère » en refusant de lui prescrire ce traitement.
« Il y a une véritable corruption qui a plongé des dizaines de milliers de Français dans la mort », a-t-il encore déclaré, en martelant que des opposants à l'hydroxychloroquine sont « achetés par l'industrie pharmaceutique ».
L'AP-HP saisit son comité de déontologie
L'Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) a de son côté saisi ses instances de déontologie, dont l'avis est attendu « avant la fin du mois de juillet », selon un courrier dont l'AFP a eu copie.
La question est de savoir « s'il peut y avoir des manquements à des obligations d'ordre déontologique (...) dans un cas de figure où des propos sont tenus avec l'autorité conférée à une fonction de responsabilité dans un hôpital public universitaire », selon cette lettre de saisine signée par le directeur général de l'AP-HP, Martin Hirsch.
Les déclarations du Pr Perronne ont indigné de nombreux soignants. « Une crise sanitaire ne justifie pas qu'on dise, ou qu'on fasse, n'importe quoi! », ont tonné mardi dans un communiqué plusieurs structures spécialisées dans les maladies infectieuses.
La semaine dernière, une pétition avait été lancée pour demander au Conseil de l'Ordre de condamner les propos du Pr Perronne. Elle revendiquait jeudi 2 500 signatures.
Avec AFP
Quatre généralistes font vivre à tour de rôle un cabinet éphémère d’un village du Jura dépourvu de médecin
En direct du CMGF 2025
Un généraliste, c’est quoi ? Au CMGF, le nouveau référentiel métier redéfinit les contours de la profession
« Ce que fait le député Garot, c’est du sabotage ! » : la nouvelle présidente de Médecins pour demain à l’offensive
Jusqu’à quatre fois plus d’antibiotiques prescrits quand le patient est demandeur