La publicité sur l'alcool continue de nourrir les débats dans l'hémicycle... mais aussi au gouvernement. Les députés ont en effet maintenu lundi en commission des affaires sociales, à l'issue de débats houleux, un assouplissement de la loi Evin dans le projet de loi santé visant à distinguer publicité et information sur le vin.
Pas de chance pour la présidente de la commission des Affaires sociales ! En nouvelle lecture, les élus présents ont rejeté un amendement de Catherine Lemorton (PS), visant à supprimer un article introduit au Sénat mi-septembre contre l'avis de Marisol Touraine.
"Si on ouvre un coin dans la loi Evin, on fait une grave erreur en matière de santé publique", a plaidé en vain cette députée de Haute-Garonne, devant un auditoire pas acquis. "Des associations défendant les régions viticoles ont été plus reçues que les associations" contre les addictions par certains députés, a aussi accusé cette pharmacienne de profession qui n'a pas sa langue dans sa poche.
Catherine Lemorton a reproché auparavant sur LCP au président du groupe PS, Bruno Le Roux mais aussi à l'exécutif d'avoir favorisé cet assouplissement. "La tête du groupe me savonne la planche" en faisant entrer dans la commission des députés pour un assouplissement de la loi Evin, et "même Manuel (Valls) m'a un peu savonné la planche" en indiquant que cet assouplissement trouverait un véhicule parlementaire.
Le Parlement avait voté cet été un amendement similaire assouplissant la législation dans le cadre de la loi Macron, mais cette mesure avait été retoquée par le Conseil constitutionnel.
Entre ministres, on continue d'avoir une vision différente des choses. Et la ministre de la Santé parait une nouvelle fois bien isolée dans cette affaire. "Je ne change pas de position. Je trouve ça assez désastreux", a commenté mardi Marisol Touraine en arrivant à une réunion du groupe PS de l'Assemblée. "De ce que j'ai vu, ce n'est pas quelque chose qui contrevient aux objectifs de santé publique", a au contraire jugé sur Europe 1 le ministre de l'Economie Emmanuel Macron.
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