« Une sédation forte dans le but d’aider à mourir. » Pour la première fois, cette possibilité devrait figurer dans le rapport sur la fin de vie. C’est en tout cas ce qu’affirme Alain Claeys, dans un entretien accordé jeudi à Libération. Chargés de proposer des pistes pour améliorer la fin de vie, Jean Léonetti et lui doivent remettre leur rapport le 10 décembre au Premier ministre. Et les propos du député PS de la Vienne donnent un avant-goût du texte appelé à faire évoluer la loi Leonetti. Depuis 2005, elle permet, dans certains cas, l’administration d’antidouleurs au point d’abréger la vie. En revanche,la sédation n’est pas prévu en tant que telle pour les malades en phase terminale.
« Nous allons proposer un dispositif où le médecin a un cadre, et le patient pourra avoir une fin de vie apaisée », affirme encore Alain Claeys. Et de donner les grandes orientations retenues. Pour une personne atteint d’une maladie incurable et dont le pronostic vital est engagé à court terme, « si le patient souhaite mourir, alors il y a d’abord l’arrêt de tout traitement de survie », détaille-t-il. « Ensuite, nous proposons la possibilité d’une sédation profonde et terminale jusqu’au décès, et dans un délai non déraisonnable », ajoute-il, affirmant toutefois que « nous ne décidons pas du moment où la personne va mourir, nous l’aidons ».
Le projet ne devrait en revanche pas aller au-delà de cette proposition de sédation profonde, le suicide assisté n’y étant pas abordé. « Si, pour ma part, je n’y suis pas hostile, nous avons voulu, avec Jean Leonetti, rester dans une démarche commune », se justifie Alain Claeys. Les deux députés se retrouvent toutefois autour d’une « position claire : les souhaits du patient doivent être respectés ». Le texte suggère en ce sens de « rendre contraignantes les directives anticipées ». Il dispose également, « très clairement, que l’alimentation et l’hydratation artificielles sont des traitements, et peuvent être arrêtées ». Une proposition qui semble prendre acte de la décision du Conseil d’État dans l’affaire Vincent Lambert.
C’est dans ce contexte, que plusieurs associations anti-euthanasie rassemblées sous le sigle "Soulager mais pas tuer" ont lancé vendredi une campagne de mobilisation, avec une pétition sur internet, alors que le gouvernement semble vouloir déposer une loi en mars.
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