Quand c’est non, c’est non ! L'Assemblée nationale a rejeté une nouvelle fois lundi soir, par 35 voix contre 26, la possibilité d'une "assistance médicalisée active à mourir", que soutenaient des socialistes et des radicaux de gauche. Auteur de l'amendement cosigné par 122 collègues socialistes pour une aide active à mourir, Jean-Louis Touraine avait défendu cette proposition "très raisonnable, très contrôlée". Cette "assistance médicalisée" aurait été décidée conjointement par le malade et un collège médical. Il s'agissait selon lui de mettre fin aux quelque "3.400 fins de vie provoquées dans nos hôpitaux en catimini et en toute illégalité" chaque année en France. Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, voulait aussi éviter une agonie "lente et douloureuse", induite selon lui par la sédation.
Dans le cadre de la deuxième lecture de la proposition de loi PS-LR sur la fin de vie, les députés ont aussi repoussé un amendement de l'écologiste Véronique Massonneau en faveur d'"une assistance médicale au suicide". L'ensemble de ces amendements avaient reçu un avis défavorable des rapporteurs de la proposition de loi, Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR). Déjà en première lecture en mars dernier, la même tentative avait été faite par les partisans de la légalisation de l’euthanasie.
L'Assemblée a en revanche de nouveau voté lundi le "droit à la sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour les malades incurables et dont le pronostic vital est engagé à court terme. Des amendements de certains députés LR pour supprimer cette disposition, prévoir une sédation "réversible" ou encore une clause de conscience pour les médecins ont été retoqués. Les députés ont aussi voté l'article de la proposition de loi prévoyant de rendre contraignantes les "directives anticipées", par lesquelles chacun peut stipuler son refus d'un acharnement thérapeutique. En vain, plusieurs députés LR comme Xavier Breton sont montés au créneau pour protester contre cette disposition, qui "déresponsabilise les professionnels de santé".
Au final, l'Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture mardi en fin d’après-midi la proposition de loi PS-Les Républicains sur la fin de vie. Le texte d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LR), qui doit être de nouveau examiné au Sénat en vue d'une adoption définitive d'ici fin 2015, a été adopté à main levée par la grande majorité des députés présents, à droite comme à gauche.
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