Un maire du 93 en grève pour sauver son centre de santé

Publié le 19/11/2014

Crédit photo : dr

Azzedine Taïbi (photo) a décidé d’employer les grands moyens. Le maire communiste de Stains, commune de 35 000 habitants de Seine-Saint-Denis, fait grève aujourd’hui pour protester contre la baisse des dotations aux collectivités locales. Pour sa commune, la baisse pourrait représenter une perte de 3 millions d’euros d’ici à 2017, sur un budget de 51 millions d’euros.

Au premier rang des services impactés par cette restriction budgétaire : le centre municipal de santé Colette Coulon. Le centre abrite notamment généralistes, spécialistes, orthophonistes, kinés, diététiciens, infirmiers ou psychologues, et comptabilise 25 000 actes médicaux par an. La ville a déjà un budget de fonctionnement extrêmement serré et s’interroge : dans ses conditions, « comment maintenir un centre municipal de santé ? ».

Ce mercredi matin sur France Info, Azzedine Taïbi déclarait clairement. « Si, en effet, les 3 millions étaient confirmés, je renoncerais au fonctionnement du centre de santé ». Mais dans une des communes les plus défavorisées de Seine Saint Denis avec 25% de chômage et où seulement quatre ménages sur dix sont imposables, la présence d’un service municipal comme le centre de santé est essentiel, selon l’édile. `

Interview d'Azzedine Taïbi sur France info

 

Azzedine Taïbi, compte sur cette grève inédite pour attirer l’attention de l’Etat et demande une redistribution des richesses. La mairie a donc fermé ses portes, et une mobilisation était prévue dans la matinée.

Parmi les soutiens du maire de Stains, on retrouve l'Union syndicale des médecins de centres de santé. Les médecins des centres de santé qui s'impatientent face au blocage des négociations conventionnelles, soulignent eux aussi dans un communiqué, les dangers du plan d'austérité. Evoquant la situation de la ville de Stains ils déclarent "On ne peut que craindre que beaucoup de maire dont les collectivités sont étranglées par l’austérité ne soient contraints aux mêmes extrémités", et interpellent le gouvernement pour faire bouger les choses.

Source : lequotidiendumedecin.fr