C’EST UN PANORAMA sans précédent que vient d’établir le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG). Arrêté au 1er janvier dernier, son portrait robot du corps des PH regorge de chiffres précis et inédits.
Il établit tout d’abord que les praticiens hospitaliers représentent, en équivalent temps plein, 61 % des médecins de l’hôpital public – suivent (voir graphique) les contractuels (31 % de l’effectif), les hospitalo-universitaires titulaires (5 %) et les hospitaliers universitaires non titulaires (3 %).
• D’abord des hommes. Au total, 34 438 PH sont en poste à temps plein ; 5 493 à temps partiel. Dans le corps, les hommes restent majoritaires – ils représentent 57 % des troupes chez les temps pleins, 58 % chez les temps partiels – mais plus pour très longtemps : le ratio bascule dans la tranche des 40-44 ans. L’âge moyen des PH à temps plein atteint 48,6 ans pour les femmes, 51,3 ans pour les femmes (du côté des temps partiels, les femmes ont 48,7 ans en moyenne, les hommes 54,6 ans).
• La médecine et l’Île de France en tête. En termes de disciplines (voir tableau), la médecine constitue le gros des troupes (ils sont 22 572 à temps plein dans cette spécialité, 2 854 à temps partiel, avec une forte représentation des anesthésistes – 4 443 temps plein – et des urgentistes – 3 119), suivie loin derrière par la chirurgie (4 465 temps plein) et la psychiatrie (4 460 temps plein). Géographiquement, l’Ile-de-France concentre le gros des troupes : 6 437 PH y exercent à temps plein (1 598 à temps partiel) ; PACA affiche une effectif de 2 455 temps pleins (474 temps partiels) ; Rhône-Alpes en réunit 3 135 (569 temps partiel). Le Limousin (496 temps pleins) et la Corse (178) sont les régions les moins bien dotées en PH.
• Toujours plus mais moins vite. Le nombre de PH en poste à plein temps a régulièrement augmenté depuis 2002, date à laquelle ils étaient 23 738. Mais la croissance des effectifs s’est ralentie ces toutes dernières années : jusqu’en 2006, on était sur un rythme annuel de + 5 %/+ 7 % ; on tourne depuis plutôt autour des + 2 %, soit quand même (voir encadré), la situation exactement inverse de ce qui se passe pour la médecine libérale. La progression des effectifs des temps partiels (5 840 en 2002, soit un peu plus qu’aujourd’hui) est, elle, beaucoup plus chaotique ; il y a eu des années de baisse (- 5,1 %, par exemple, entre 2008 et 2007) mais aussi de forte hausse (+ 6,5 % entre 2008 et 2009).
Le renouvellement du corps est, pour l’instant assuré, remarque le CNG, « le recrutement des praticiens observé au cours de l’année 2009 (se situant) à un niveau largement plus élevé que les sorties définitives » (1 955 entrées versus 1 176 sorties).
• Tous les postes ne trouvent pas preneurs. Dans ce tableau d’apparente bonne santé, la question des postes vacants fait tache. Or la comparaison entre les effectifs réels des PH et les postes budgétés est éloquente. Chez les temps pleins, 44 310 postes sont ouverts pour 34 438 « occupants » tandis que chez les temps partiels, 8 744 postes n’ont trouvé que 5 493 preneurs. Il s’agit d’une vacance « statutaire », ce qui signifie que ces postes peuvent être temporairement occupés (par des praticiens contractuels ou par les fameux « mercenaires » qui ont fait profession de cette forme d’exercice). Et les taux moyens (22 3 % d’inoccupation côté temps plein, 37,2 % côté temps partiel) recouvrent des réalités très différentes. Selon les régions puisque la vacance atteint pour les PH à plein temps des niveaux records en Basse-Normandie (32,8 %), en Picardie (31,8 %), en Champagne-Ardenne (29,1 %) ou en Franche-Comté (29,4 %) – et explose même dans les DOM (43,5 % en Guyane) – alors qu’à l’inverse, l’Île-de-France, PACA ou l’Aquitaine s’en sortent moins mal avec des taux voisins de 15 %.
• Des spécialités plus vulnérables. Toutes les spécialités ne sont pas non plus logées à la même enseigne (voir tableau). C’est en oncologie médicale (37,8 % de vacance chez les temps pleins, 62,8 % chez les temps partiels) que le phénomène est le plus marqué. Avec des effectifs beaucoup plus importants, la radiologie est elle aussi fortement touchée (36,8 % de postes vacants chez les temps pleins, 44,6 % chez les temps partiels). La chirurgie, dont le taux de vacance atteint 22,5 % pour les temps pleins, est dans la moyenne. Tout comme d’autres spécialités réputées « sinistrées » – 22,7 % pour l’anesthésie-réanimation, 26,5 % pour la psychiatrie. La pharmacie hospitalière est celle qui tire, de loin, le mieux son épingle du jeu (8,6 % de postes temps plein vacants).
• Phénomène en hausse. La vacances des postes s’amplifie avec les années. Au cours de la dernière année, le taux est passé de 20,7 % à 22,3 % chez les temps pleins et de 36 % à 37,2 % chez les temps partiels.
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