Timide. Ainsi peut-on caractériser le bilan de cette première année de lancement de la téléconsultation depuis son inscription dans le droit commun du remboursement de la Sécurité sociale.
Depuis septembre 2018, l'acte de téléconsultation (TC) est remboursé sous conditions par l'assurance-maladie, sans que les médecins ne se bousculent au portillon. Les derniers chiffres de la CNAM (novembre) font état de 85 000 actes remboursés sur l'année. Ils traduisent une montée en charge progressive : 8 000 actes en mars, 16 000 en juin et 65 000 en septembre... Actuellement, 3 500 téléconsultations remboursées sont effectuées en moyenne chaque semaine. Bien que ces résultats soient très en deçà de l'objectif de 500 000 actes à fin 2019, la CNAM insiste sur la « dynamique » prometteuse.
Globalement, ce sont les médecins généralistes les plus investis dans cette pratique (59,5 % des actes remboursés), suivis des gériatres (9,6 %), des gynécologues (9,2 %) et des pédiatres (7,2 %). La région francilienne est sur-représentée. 95 % des téléconsultations sont le fait de libéraux, devant les centres de santé (2,2 %) et les établissements (0,7 %), indiquent les chiffres de la CNAM.
Déverrouiller ou sécuriser ?
Tout au long de l'année, des voix se sont élevées pour réclamer un élargissement de la télémédecine, les critiques ciblant un système trop rigide. En mai 2019, 118 élus déçus (députés, sénateurs et maires appartenant principalement à la majorité LREM, au centre et LR) publiaient une tribune dans le « JDD » pour presser le gouvernement de déverrouiller la téléconsultation. « Pourquoi l'assurance-maladie souhaite-t-elle limiter la téléconsultation aux médecins proches du patient alors même que son remboursement a été voté pour venir en aide aux patients qui n'ont pas précisément accès aux soins près de chez eux ? », déploraient-ils.
Actuellement, le principe de la téléconsultation suppose un patient déjà connu et vu en consultation présentielle au moins une fois au cours des 12 derniers mois, sauf dérogations. Pour faciliter le déploiement de la télémédecine mais aussi sécuriser les pratiques, les syndicats de praticiens libéraux et la CNAM travaillent sur un nouvel avenant (n° 8) à la convention.
L'idée est de recadrer le recours aux téléconsultations dans certaines situations dérogatoires au parcours de soins coordonné – pour un patient sans médecin traitant ou lorsque celui-ci est indisponible. Avec un double objectif : écarter définitivement les opérateurs commerciaux qui proposent des consultations à distance sans aucun ancrage territorial ni coordination (centre de santé virtuels par exemple) mais aussi autoriser certaines expérimentations innovantes dans un cadre désormais validé.
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