COMMENT collaborent les médecins généralistes et les médecins du travail et quelle image ont-ils les uns des autres ? C’est notamment pour répondre à ces questions que l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (INPES), a réalisé une étude auprès de ces deux catégories de praticiens. Elle a été menée en 2009, auprès de 752 généralistes et 750 médecins du travail, en collaboration avec l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) et la Société de médecine du travail ouest Ile-de-France (SMTOIF). À l’origine de cette étude, le constat que ces médecins sont de plus en plus confrontés à l’impact des facteurs de risques professionnels et de la qualité de vie au travail, sur la santé de leurs patients. Les résultats sont présentés dans un ouvrage à destination des professionnels de santé, intitulé « Médecins du travail/Médecins généralistes : regards croisés », qui peut être commandé ou téléchargé gratuitement sur le site de l’INPES (www.inpes.sante.fr).
Généralistes et santé au travail.
Sur le plan de la santé au travail, les médecins généralistes et les médecins du travail s’accordent à dire que le rôle du généraliste concerne l’évocation avec les patients des conditions de travail, l’aide à la réinsertion professionnelle, le remplissage du certificat médical initial de déclaration de maladie professionnelle et l’aide des patients à la déclaration de maladie professionnelle. En revanche, 65 % des médecins généralistes sont d’accord pour donner des conseils de prévention professionnelle à leurs patients, mais 72 % des médecins du travail estiment que cela ne relève pas de leur rôle. « Les médecins du travail sont également moins favorables que les généralistes à l’implication des médecins généralistes dans le repérage de l’origine professionnelle d’une maladie (...) ou le dépistage d’une maladie après exposition à un risque professionnel », note l’INPES.
L’étude montre que les deux catégories de médecins souhaitent une meilleure coopération en faveur de la santé au travail, cependant certaines incompréhensions demeurent. Par exemple, 62 % des médecins généralistes ont le sentiment de bien comprendre le métier des médecins du travail, alors que ces derniers pensent à 65 % que ce n’est pas le cas. Leur indépendance est également questionnée par 6 généralistes sur 10, un sentiment de méfiance ressenti par 50 % des médecins du travail. Les praticiens sont amenés à collaborer, notamment lors de la visite de pré-reprise, les problèmes d’aptitude au poste de travail d’un patient et les problèmes de stress ou de dépression.
Un besoin d’information.
« Si les médecins généralistes sont fréquemment amenés à aborder l’impact du travail sur la santé de leur patient lors de la consultation, le manque d’information et de sensibilisation sur le sujet ne leur permet pas aujourd’hui d’intégrer cette dimension de manière plus approfondie et systématique », poursuit l’INPES. Environ 61 % d’entre eux se considèrent mal informés sur les maladies professionnelles et seuls 36 % ont suivi une formation en santé-travail qu’elle soit initiale ou continue. De plus, près de 80 % des médecins généralistes déclarent interroger fréquemment leurs patients sur leurs conditions de travail actuelles, mais ils ne sont que 48 % à le faire souvent sur les conditions passées.
« Le Plan national santé environnement 2009-2013 et Plan santé travail 2010-2014 vont dans le sens de l’amélioration de la collaboration des médecins généralistes et médecins du travail », explique Colette Menard, coordinatrice des enquêtes et de l’ouvrage. « Ils recommandent d’intégrer dans les cursus de formation initiale des généralistes une formation en santé du travail et de favoriser également la formation continue. »
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