Vous avez parfaitement raison de parler de « déni ». J’ai commis, il y a au moins dix ans, un billet aigre-doux où je me comparais déjà à un plombier et à un garagiste. Mais nous avons trop d’orgueil et pas voulu voir la réalité, à savoir que nous ne devions attendre aucune aide de qui que ce soit. Rien n’a changé, tout a empiré.
Le déficit de la Sécurité sociale est une épine énorme dans les orteils des politiques de tout poil, droite et gauche confondus, dès qu’ils sont aux manettes. Rien ne les arrêtera pour s’en débarrasser et se faire réélire. Génialement, en labourant le corps médical, la Marisol Reveyrand de Menthon (merci Dr de Regnaucourt…) fait inexorablement le « job » en refilant, en douce des Français, la patate chaude aux assurances sans qu’un seul sourcil ne se lève chez les gens de droite, qui n’ont rien fait, bien contents de la voir faire le sale boulot. Or ces derniers dits de « l’opposition » viennent très récemment et comme par hasard de mimer un intérêt tout soudain… à la veille d’élections qui les intéressent diablement.
De son côté, le conseil de l’Ordre s’est drapé « as usual » dans le diaphane tissu de la morale, laquelle lui fait tolérer que l’on avilisse nos collègues généralistes par les tarifs et les exigences que vous savez… Surtout, pas de vagues…
Nos Syndicats ont bien entendu imité leurs copains politiques de tous bords en s’entre-déchirant mais en oubliant leur finalité et, eux aussi, l’honneur de leurs quelques troupes.
Nos divisions font qu’in fine, la Rôtisserie Égalitariste Nationale va être surchargée en dindons. Tout d’abord nos collègues qui ne vont pas pouvoir fuir la mélasse à venir. Ils ont déjà rôti à feu doux, la grillade finale est en cours. Mais il y’a aussi les super-dindons, tous les Français qui vont découvrir trop tard la joie de continuer à payer des cotisations sociales agrémentées d’une sucrerie sous la forme de celles dues aux assurances, lesquelles aiguisent leurs couteaux devant les festins futurs. Il faut bien faire des « bénefs », n’est-ce pas ? Et je ne parle pas des contraintes irréalistes qu’elles infligeront tôt ou tard aux médecins des réseaux qu’elles sont en train de peaufiner.
Alors, pour tous ceux qui restent, existe un très simple moyen que j’avais prôné : arrêt total national d’un exercice qui n’a plus de libéral que le nom, avec exigence immédiate d’un statut de fonctionnaire, catégorie A pour le moins, avec bien entendu les horaires et tous avantages actuellement en vigueurs, vacances, week-end, retraite etc. etc. Nos consœurs vont enfin avoir des maternités raisonnables avant et après accouchements. Vous aurez bien sûr une secrétaire sinon deux et si le « bidule administratif monstrueux » disjoncte, vous ne pourrez pas être comme par hasard seuls fautifs…
Bref, vous avez compris ce qui vous reste à faire si vous ne voulez pas qu’on vous impose bien pire avec le choix de vous jeter par la fenêtre ou de finir rongé jusqu’à l’os… et de toutes façons, jetés après usage électoral.
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