À la grande « surprise » du directeur de la Cnam (il savait bien avant la fin du tour de table syndical l’issue des négociations), aucun syndicat n’a accepté de signer le projet de nouvelle convention. Suite à cet échec, M. Fatôme, et M. Braun ont montré leur réprobation vis-à-vis d’une attitude très corporatiste.
Il est tout à fait intéressant de noter que ces deux personnes n’ont pas hésité à s’exprimer dans différents médias, cela pour mettre en avant le gâchis représenté par cette absence d’adhésion au projet d’une nouvelle convention qu’ils trouvaient très novatrice et constructive.
Afin de rester populaires aux yeux des citoyens, ils ont remué de manière très insidieuse le couteau dans la plaie de nombreuses fois pour expliquer que la chance apportée par une signature conventionnelle aurait permis une meilleure prise en charge des patients qui vivent dans des déserts médicaux, et aurait permis d’avoir un système de santé de qualité.
Autrement dit l’inconscience des syndicats médicaux libéraux va majorer dans un futur proche les problématiques d’accès aux soins des Français.
En agissant de la sorte ils se dédouanent de toute responsabilité si le système de santé devient moribond.
Un tel discours très démagogique est quelque peu inconvenant, et montre l’absence totale de remise en question du programme conventionnel très critiquable par ailleurs.
Il montre également un déficit énorme sur une ligne directrice fondamentale, dès lors que l’on veut déminer les conflits : l’écoute des professionnels de santé.
Bien entendu on ne peut que reconnaître le fait que la totalité des leaders syndicaux n’ont pas voulu signer la convention.
Des libéraux méprisés, et pas pris en compte
Cependant au-delà de ce comportement, il est important de mieux comprendre les récriminations de la base.
MG France, avant de prendre une décision concernant la signature ou non de la convention, a demandé son avis à tous les médecins syndiqués qui sont les petites mains de notre système de santé.
Ce qui est très révélateur du désarroi des libéraux, c’est de voir que cette consultation syndicale a conduit à un refus de l’unanimité des adhérents.
Cette prise de position pour MG France, qui est souvent assez complaisant et volontaire pour améliorer l’accès aux soins des Français, est très surprenante.
Il nous montre que les libéraux, quelles que soient leurs idées politiques, sont en quasi-totalité révoltés du fait de l’absence de dialogue et de prise en compte de la part des pouvoirs publics censés être des interlocuteurs de choix et de qualité.
Non, les libéraux sont toujours méprisés par les politiques qui veulent avant tout les mettre au pas, et souhaitent surtout qu’ils obéissent de manière servile.
Malheureusement ils n’ont pas vu que derrière le mot libéral nous avons des professionnels de santé qui sont souvent des soignants humanistes, et qui dépensent pour la plupart une énergie débordante et de manière inconditionnelle.
Ces médecins ont été, durant le premier quinquennat, salués par le gouvernement à demi-mot pour leur engagement dans la gestion du Covid-19. Nous ne devons pas oublier que les libéraux sont restés pour la plupart sur le pont, et se sont sacrifiés pour donner des soins aux patients atteints par ce virus.
Au-delà de cette situation, nos politiques oublient que de nombreux confrères travaillent d’arrache pied, souvent au détriment de leur vie familiale, pour assurer des soins de qualité aux patients de leur secteur. Il est certain que de nombreuses voix s’élèvent dès lors que des patients n’ont pas pu être acceptés dans des cabinets médicaux.
Cependant cette situation difficile à accepter par de nombreux confrères est une manière également de se protéger par rapport à un surcroît de travail (que le directeur de la Cnam veut majorer) qui peut avoir des conséquences sur la santé de ces professionnels de santé.
Aussi avant de critiquer et de mépriser les libéraux, ces énarques devraient se déplacer, et voir de quelle manière ces professionnels, auxquels on en demande toujours plus, travaillent.
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