Début d’une nouvelle séquence de stress pour les Padhue ! Depuis mardi 2 décembre 2025, plusieurs centaines de ces praticiens à diplôme hors Union européenne se sont à nouveau attablés pour passer les épreuves de vérifications des connaissances (EVC), concours nécessaire à leur régularisation pleine et entière.
Pour l’édition 2025, les modalités d’obtention ont été largement modifiées. Le décret du 28 mai 2025 créé deux voies : une voie externe pour les candidats diplômés en médecine dans leur pays d’origine ; une voie interne pour les praticiens déjà en poste avec une autorisation temporaire d’exercice ou dans le cas d’un exercice d’au moins deux ans à temps plein en France sur les trois dernières années. Simplifiée avec une seule épreuve théorique (au lieu de deux examens théorique et pratique) , cette dernière voie était réclamée de longue date par une partie des syndicats de Padhue.
La réforme maintient tout de même le principe d’une double liste : la liste A ouverte à tous et la liste B réservée aux réfugiés, apatrides et bénéficiaires de l’asile territorial. Tous peuvent tenter la voie interne et externe. L’arrêté du 27 juin définit précisément le nombre de postes spécialité par spécialité. En tout, il y a 4 000 postes ouverts en interne (dont un tiers rien qu’en médecine générale) et 400 postes ouverts en externe.
Mettre toutes les chances de son côté
Concrètement, la première session de la voie interne a commencé mardi 2 décembre par une épreuve de deux heures. Le calendrier s’écoule jusqu’au 27 janvier pour couvrir toutes les spécialités médicales et chirurgicales. Il s’agit d’un QCM dont le comptage des points n’est pas précisé. « Nous ne savons pas si les mauvaises réponses sont pénalisées ou s’il y aura une certaine souplesse à ce propos », s’inquiète le Dr Ali Alain Alkhafagi, vice-président de l’association de défense des Padhue Ipadecc, qui a fait son internat à Bassora, en Irak . Il s’agit de sa troisième tentative en médecine générale, sur les quatre autorisées à partir de la session 2021 par le Centre national de gestion (CNG), organisateur des épreuves.
Ce praticien attaché associé essaie de mettre toutes les chances de son côté et révise après ses heures de travail, le soir et une partie de la nuit. Il s’estime « prêt », mais également dans « une forme d’incertitude quant à ces nouvelles modalités assez floues » même s’il reconnaît que « l’ouverture de cette liste [liste A en interne pour les Padhue expérimentés, NDLR] constitue une avancée importante ». Le Dr Alkhafagi déplore toutefois l’absence d’annales, même si les concours blancs publiés par le CNG lui ont permis de cerner le type de questions qui pouvaient être posées.
Du café pour tenir
C’est la voie externe que la Dr Aya Charredib prépare et révise avec assiduité après chaque journée de travail. Elle est arrivée en France en décembre 2024, avec un visa de stagiaire associée et n’a donc qu’une seule année d’exercice au compteur. Ces EVC 2025 seront sa première tentative. « C’est beaucoup de fatigue et de stress, mais c’est la seule solution pour sortir de cette situation précaire », affirme celle qui dispose d’un diplôme en médecine générale algérien qui date de 2023. Alors, ces révisions intensives prennent la forme d’un programme mensuel chargé, avec de longues sessions de travail à la bibliothèque avec beaucoup de cafés avalés après 18 heures pour l’aider à tenir le rythme.
Une autre candidate de la voie externe, qui requiert l’anonymat, en est à sa quatrième et dernière tentative pour obtenir les EVC. Elle s’est inscrite à l’édition 2025, mais hésite à se présenter au concours. Dans sa spécialité, la médecine générale, 80 postes sont ouverts. « Je pense garder ma dernière chance de passer les concours pour plus tard, à une période où les postes seront plus nombreux pour la liste externe. Ou je peux exercer encore un peu pour être éligible à la voie interne puisque cette année, plus de 1 300 postes sont ouverts dans ma spécialité », prévoit cette médecin qui exerce depuis l’année dernière en France sous le statut de faisant fonction d’interne (FFI).
Le fiasco de l’édition 2024
Face à cet arbitrage entre la voie interne et externe, le président de l’association Ipadecc, le Dr David Abdelhalim Bensaidi propose que « les postes non pourvus en voie interne soient réattribués aux médecins de la voie externe qui sont en France avec le statut Pact ». Ce statut de praticien associé contractuel temporaire a été créé il y a deux ans pour sécuriser de façon transitoire (pendant 26 mois maximum) l’exercice des Padhue non lauréat aux EVC et leur donner un peu d’air pour passer les concours sans risquer l’expulsion.
À l’angoisse des candidats liés au bachotage et à la réussite ou non de leur examen s’ajoute celle relative aux modalités du concours en tant que telles. D’autant que l’édition 2024 des EVC n’a pas été exempte de rebondissements sur le nombre de postes attribués et pourvus. Au point que le CNG a été forcé par une décision de justice de revoir une partie de sa copie. Un ascenseur émotionnel pour le mieux, mais dont les candidats de l’année 2025 se passeraient bien.
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