Quel sera l’avenir des professionnels de santé ? Edouard Philippe a en partie levé le voile. Mais si on y associe les propositions de l’assurance maladie, les non-dits, les pièces du puzzle dessinent un nouveau cap. Le pragmatisme sera bien la clé affichée du dispositif. Pas de grands discours a priori ou de loi dédiée à la santé, pas de révolution à attendre, la Sécurité sociale est le patrimoine de ceux qui n’en ont pas ». Mais un ensemble de mesures articulées autour de la qualité et des parcours des soins compatibles avec un retour à l’équilibre des comptes visé pour 2020. Après les incantations des dernières années, la télémédecine devrait ainsi prendre son envol dans les prochains mois. Outre l’engagement de l’assurance maladie dans ce domaine, le Premier ministre s’est engagé à favoriser « l’interconnexion des professionnels de santé et la circulation de l’information ». 2018 sera-t-elle l’an 01 de la télémédecine ? Elle offre des « opportunités formidables », a déjà répondu Edouard Philippe. Quant à l’optimisation de la qualité, elle devrait être au cœur d’un des chantiers prioritaires de ce nouveau quinquennat. Comment en effet s’y opposer ? La levée de la rétention d’informations paraît actée. Il s’agira de mesurer « la qualité des soins en la faisant connaître », s’est engagé Edouard Philippe. La transparence est un des leviers mais pas le seul. L’assurance maladie dans son rapport « charges et produits » suggère la création d’un dispositif d’appui aux innovations organisationnelles. La carotte financière est un autre instrument envisagé. Toujours dans ce rapport, la mise en place d’un forfait pour les reprises et complications après une intervention chirurgicale est envisagée. Selon la simulation réalisée, l’opération serait neutre pour le budget de l’assurance maladie. En revanche, les 465 établissements les plus performants bénéficieraient d’un gain moyen de 19 128 euros. Les 338 établissements moins performants subiraient une perte moyenne de 26 349 euros. Ce type de mesures sans impact budgétaire pour les comptes publics est sans nul doute appelé à un grand avenir…
Pour les médecins libéraux, la décision emblématique du précédent quinquennat, à savoir le tiers-payant, a été évoquée par Agnès Buzyn. Une mission sur sa faisabilité technique a été confiée à l'igass. Sera-t-il remis en cause ? De nouveaux modes de rémunération sont toutefois envisagés. Un plan de lutte contre les déserts médicaux sera présenté en septembre.
En tout état de cause, les contraintes budgétaires pèseront sans surprise sur les futures décisions. D’ores et déjà, 4 milliards d’euros d’économies seraient en cours de programmation. Est-ce une réelle surprise ?
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