Patrick Errard: « les Etats-Unis ont les Gafa, nous avons la Cnil »

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Publié le 16/05/2019
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« Les États-Unis ont les Gafa, nous avons la Cnil », lâche Patrick Errard, l'ancien patron du Leem, à la tête du laboratoire Astellas. Est-ce le seul frein qui explique le retard français dans la e-santé ? Les premiers débuts de la télémédecine après l'obtention du remboursement sont poussifs. Comment aller plus vite ? Une étude menée par Iqvia et commandée par la Japf, l'association des laboratoires japonais présents en France, en association avec l'université de Lyon, s'est penchée sur trois actes de la télémédecine, la téléconsultation, la télésurveillance et la télé-expertise. Au-delà de l'efficience générée par cette nouvelle technologie, les économies générées pour le système de santé, si le recours se généralise, s'élèveraient jusqu'à 356 millions d'euros pour seulement trois pathologies. L'essentiel (322 millions d'euros) serait réalisé grâce à la télésurveillance dans la prise en charge de l'hypertension artérielle. Dans ce cas, l'HTA est suivie à distance. Le montant des économies est obtenu grâce à une baisse du coût des traitements médicamenteux (55 millions d'euros économisés), des consultations médicales (156 millions d'euros) et des consultations de paramédicaux (112 millions d'euros).

Avec le cancer de la prostate traité en ville, le potentiel est plus faible et s'élève à 26,3 millions d'euros. Il est le fruit des économies générées sur les frais de transport et les indemnités journalières. Concernant le diabète de type 2, le fond d'œil serait réalisé à distance avec là encore des économies réalisées sur les frais de transport.

Mais pour obtenir ces gains substantiels, il faut accepter d'investir. « C'est le problème du en même temps. Le temps de l'investissement n'est pas le temps de la rentabilité », conclut Patrick Errard. Serait-ce là une des causes du mal français ?  


Source : lequotidiendumedecin.fr