Entre curiosité et méconnaissance de la pratique

Un Français sur deux prêt à téléconsulter son généraliste

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Publié le 07/03/2019
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Est-ce l'arbre qui cache la forêt ? Un effet de mode ?

Les résultats d'une récente enquête montrent que deux tiers des Français (63 %) souhaitent le développement de la téléconsultation, nouvelle pratique médicale dont ils sont près de 86 % à avoir entendu parler. 

Cette notoriété est à double tranchant. Seulement 37 % d'entre eux se sentent au final bien informés. Certes, ils connaissent les grands principes de la téléconsultation mais quelques doutes subsistent sur les tarifs et les champs d'action. Plus de 70 % des personnes interrogées savent que la téléconsultation est réalisée par un médecin diplômé et inscrit à l'Ordre, que cette pratique est encouragée par le gouvernement, qu'elle est remboursée par la Sécurité sociale et qu'elle permet d'obtenir une ordonnance.

 

Outil de lutte

Sur l'intérêt et les enjeux, le panel considère que la téléconsultation répond à la lutte contre les déserts médicaux (73 %), facilite l'accès à un médecin (81 %) ou désengorge les services d'urgences (72 %). Les plus jeunes (moins de 35 ans) se montrent moins bien informés que leurs aînés de 50 ans et plus sur la définition même de la téléconsultation mais ils identifient mieux la souplesse de cette pratique, notamment sur la possibilité d'obtenir un rendez-vous en quelques minutes et à tout moment « du jour ou de la nuit ».

En revanche, seuls 59 % sont conscients que le tarif d'une téléconsultation est similaire à celui d'une consultation classique, et 36 % estiment qu'elle a la même valeur qu'un rendez-vous physique. Et c'est là que le bât blesse. Car une petite moitié des Français (52 %) seulement acceptent de téléconsulter un généraliste « pour eux-mêmes ». Catégoriques, 20 % d'entre eux ne l'envisagent même « pas du tout ».

Autre pourcentage marquant : seuls 26 % des sondés pourraient privilégier la téléconsultation en cas d'indisponibilité de leur médecin traitant, 72 % préférant se déplacer dans un autre cabinet médical.

Absence de contact direct

Les freins identifiés restent l'impossibilité de se faire ausculter (56 %), suivi de l'absence de contact direct (48 %) et un sentiment d'être moins bien pris en charge que dans le cas d'une consultation classique (34 %). Un Français sur cinq (22 %) regrette ne pas être en mesure de choisir le médecin téléconsulté. La crainte de voir les données de santé éparpillées aux quatre vents joue également sur la motivation des patients à tenter l'aventure. 

Ceux qui sautent le pas le font principalement pour demander un conseil médical (72 %), renouveler une ordonnance (71 %), parce qu'ils sont en vacances, en déplacement ou loin de chez eux (67 %), ou pour un problème de santé qu'ils jugent « peu grave » (66 %). Pour ces Français prêts à téléconsulter, la première motivation reste d'éviter le déplacement pour 41 % d'entre eux, d'être rassuré rapidement et d'accéder à un médecin à des horaires plus larges.

*Sondage réalisé par Harris Interactive pour Livi, en ligne du 8 au 10 janvier 2019 auprès de 1 018 personnes selon la méthode des quotas.

Sophie Martos

Source : Le Quotidien du médecin: 9728