L'Allemagne est-elle le modèle à suivre pour l'hospitalisation privée française ? Alors que les groupes de l'autre côté du Rhin représentent 15 % des capacités hospitalières, le premier d'entre eux, Fresenius Helios est le leader privé européen. « Son chiffre d'affaires a franchi la barre des 9 milliards d'euros », explique le Dr Paul Garassus, président de l'Union européenne de l'hospitalisation privée, à comparer avec les 3 milliards réalisés par le numéro 1 français. Il se développe à l'international. Et a récemment acquis le premier groupe de cliniques privées en Espagne. Dans le même temps, le secteur affiche une rentabilité à deux chiffres. Quelle est alors la martingale allemande ? « Les tarifs allemands sont les mêmes pour le public comme pour le privé », précise Paul Garassus. Ce prix de l'excellence a toutefois un coût, celui de la transparence totale des résultats, bien loin des standards français en la matière avec le site Qualitätskliniken. « Il révèle pathologie par pathologie hôpital par hôpital, les taux de succès. Ce site est seulement disponible pour les établissements privés », ajoute Paul Garassus. On est loin dans la mise en place d'un tel outil dans l'Hexagone.
20 % des lits en Europe
En attendant, dans l'Europe, l'hospitalisation privée marque des points. Elle représente 20 % des lits. Le Portugal est en croissance avec un tiers de l'activité réalisée par le privé. Paradoxe dans ce pays gouverné à gauche, les agents de l'état sont pris en charge par le secteur privé hospitalier, le seul il est vrai à devoir intégrer des critères qualité. Ses tarifs sont inférieurs de 10 % à ceux du public. Résultat, les investisseurs étrangers sont à l'affût, y compris chinois. En Italie, la part du privé dépasse les 25 %. Le Gruppo San Donato, leader dans son pays, comprend notamment les trois premiers CHU du pays. Mais c'est à l'Est de l'Europe que la dynamique est la plus forte. « Après la chute du mur de Berlin, l'Allemagne a investi des sommes importantes pour mettre au standard de l'Ouest les établissements de santé de l'ex-RDA. L'argent public n'étant pas suffisant, il a fallu recourir à des investisseurs privés », précise Paul Garassus. Aujourd'hui, c'est en Roumanie où l'on observe un poids croissant du privé par carence de l'investissement public. Les acteurs étrangers regardent avec attention la situation à l'Est. Mais l'évaluation des risques est encore jugée trop incertaine pour y réaliser des investissements. « Aucun marché au monde n'est plus régulé que celui de la santé. C'est à la fois un frein pour un investisseur, mais c'est aussi une sécurité », conclut Paul Garassus.
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