Dans le débat sur la fin de vie, les deux assemblées se sont finalement entendus sur un consensus minimal. Députés et sénateurs sont en effet arrivés mardi à une version commune de la proposition de loi PS-LR accordant de nouveaux droits aux personnes en fin de vie. La version commune du texte, qui prévoit un "droit à la sédation profonde et continue" jusqu'au décès pour certaines personnes et doit rendre contraignantes les "directives anticipées", a été approuvée à l'unanimité par les 7 députés et 7 sénateurs réunis en commission mixte paritaire (CMP), ont annoncé les députés Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (LesRépublicains), rapporteurs et également auteurs de la proposition de loi originelle.
Cet accord députés-sénateurs était loin d'être gagné, alors que chaque assemblée avait voté jusqu'alors sa propre version, le Sénat faisant assez nettement entendre sa différence. Et d'ailleurs Marisol Touraine avait fin octobre déploré au Sénat, à majorité de droite, le "recul non seulement sur la version de l'Assemblée nationale mais aussi sur la loi Leonetti de 2005" induit par les modifications des sénateurs. Le dénominateur commun qui a été trouvé ne signifie d'ailleurs pas l'unanimité : au cours des débats dans chacune des deux assemblées, des voies discordantes se sont exprimées, regrettant, soit que le texte actuel aille trop loin, permettant une euthanasie déguisée, soit qu'il soit trop timide, car ne légalisant pas l'aide médicale pour mourir.
Le député-maire PS de Poitiers Alain Claeys s'est, lui, félicité mardi de la "coproduction Assemblée-Sénat" et d'une "convergence qui répond à la volonté du président de la République et du gouvernement", sur "un sujet qui concerne tous nos concitoyens". Selon Jean Leonetti, la rédaction trouvée est "une sortie par le haut", grâce à "un énorme travail de concertation avec les groupes parlementaires, en essayant de lever les craintes".
La version commune, qui doit être votée de façon ultime à l'Assemblée le 27 janvier et au Sénat mi-février, "ne renie pas le texte de 2005" sur la fin de vie dont il est l'auteur, et "n'ouvre pas la porte au suicide assisté ou à l'euthanasie", selon lui.
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