L’accès aux soins aggravé dans l’Hexagone cette année ? Tandis que six millions de personnes n’ont pas de médecin traitant – dont 400 000 en ALD – et que 87 % de la population vit dans un désert médical, 84 % des Français ont rencontré des difficultés pour « obtenir un rendez-vous rapide » chez un médecin spécialiste, rapporte un sondage réalisé par l’institut Odoxa pour la Fédération nationale de la Mutualité française (FNMF) en juin 2025*. Soit une progression de 9 % en un an !
41 % connaissent le même problème pour voir rapidement un médecin généraliste. Le problème s’est « nettement accru au cours des dernières années » pointe la FNMF, puisqu’en 2017, « seuls » 22 % des Français déploraient ces difficultés d’accès aux omnipraticiens.
Les usagers habitant en ruralité (43 %) ou dans de petites agglomérations (42 %) sont particulièrement concernés par ces difficultés. Ces proportions sont moindres dans les grandes villes (35 %) et dans l'agglomération parisienne (25 %).
Les jeunes renoncent davantage aux soins
65 % des Français ont déclaré avoir renoncé à des soins de santé au cours des 12 derniers mois, soit 3 points de plus qu’en 2024. Le délai d’obtention du rendez-vous est cité en premier (58 %, en hausse de 5 points en un an), devant les raisons financières ou l’éloignement du professionnel de santé à consulter (35 % chacun).
Les jeunes adultes (18-24 ans) sont les plus nombreux à renoncer aux soins, à hauteur de 74 % sur les 12 derniers mois. Le délai de rendez-vous (65 %), l’éloignement du soignant (44 %) et les raisons financières (38 %) sont avancées.
Et ces inégalités sont d’autant plus marquées d’un point de vue social : les Français modestes (moins de 1 500 euros) sont deux fois plus nombreux à renoncer aux soins (51 %) que les plus aisés (3 400 euros et plus, 23 %) pour des raisons financières. Ces taux sont plus élevés dans certaines régions, comme l’Île-de-France par exemple, qui atteint 45 %, soit 10 points de plus que la moyenne nationale (35 %), la Nouvelle Aquitaine (39 %), l’Occitanie ou les Hauts-de-France (38 %).
Les Français pessimistes sur la Sécu
Par ailleurs, les Français se montrent pessimistes sur le déficit de 22 milliards d’euros de la Sécurité sociale (dont 16 milliards pour la seule branche maladie), qui fête ses 80 ans cette année : 84 % d’entre eux pensent qu’il peut « remettre en cause son avenir », soit une hausse de 10 points par rapport à 2017.
Plus problématiques encore, 60 % des Français ont « le sentiment d’un déséquilibre négatif entre les cotisations versées au cours de leur vie et les prestations qu’ils reçoivent ou recevront », pour leur santé ou leur retraite par exemple.
En outre, 71 % d’entre eux estiment que leur reste à charge a augmenté ces dernières années. Et 91 % pensent qu’il va encore augmenter ces prochaines années.
La santé pas assez traitée en campagne électorale
Du côté des solutions plébiscitées par les Français, « encourager les professionnels de santé à s’installer dans les territoires où il en manque » figure à la première place (80 %), devant le fait de « trouver des solutions pour simplifier les tâches administratives des médecins » (69 %), de « développer des structures médicales regroupant plusieurs professionnels de santé pour faciliter l’accès aux soins » (67 %) ou encore « d’inciter les professionnels de santé à assurer la permanence des soins » (51 %).
Enfin, 64 % des Français estiment que « les questions de santé sont rarement ou jamais évoquées dans les campagnes électorales ».
*L’enquête a été réalisée par Internet du 5 au 11 juin 2025 sur un échantillon de 3 000 Français représentatifs de la population française âgée de 18 ans et plus.
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