C’est une histoire peu commune, à moins d’un mois du premier tour des élections municipales le 15 mars prochain. Candidat médecin à sa réélection, Olivier Araujo, maire (LR) de Charly (Rhône), commune de quelque 4 500 habitants au sud-est de la métropole de Lyon, a été inquiété par un courrier anonyme faisant état d’une suspicion d’exercice illégal de la médecine et d’usurpation de ce titre, rapportent nos confrères du Progrès. Un délit pouvant être puni de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.
Élu à la tête de la commune depuis 2020, l’édile de 45 ans a fini son internat en 2019, avant d’obtenir son DES de médecine du travail en 2022 et exercer au sein de l’entreprise Ugitech, après avoir été dans une autre vie infirmier libéral. N’ayant jamais soutenu sa thèse de doctorat en raison d’un emploi du temps trop chargé dans l’exercice de ses fonctions d’élu, il n’est donc pas inscrit à l’Ordre des médecins. Mais de 2018 à 2022, il était autorisé à exercer grâce à une licence de remplacement de médecin non thésé, valable un an et renouvelable…
Une plainte déposée
« Je ne veux pas qu'on pense que j'ai exercé de manière illégale », a réagi le médecin du travail auprès de nos confrères de LyonMag. Lequel a reconnu toutefois que, depuis fin 2022, il avait « omis » de demander le renouvellement de sa licence de remplacement. « Je ne suis pas docteur en médecine, je n’ai jamais dit que je l’étais. Je suis spécialiste en santé du travail et médecin non thésé à ce jour », a-t-il corrigé dans les colonnes du Progrès.
L’institution ordinale départementale a confirmé à ce journal qu’au 12 février, « il n’est pas inscrit (au tableau de l’Ordre, NDLR) et n’a pas demandé son inscription », ajoutant qu’à sa connaissance, « il est toujours étudiant en médecine » et « nous ne savons pas, à ce jour, où il en est de son parcours universitaire ».
Membre du comité organisateur du Congrès national de la médecine au travail (CNMT), qui aura lieu à Lyon en juin, Olivier Araujo a assuré s’être rendu à l’Ordre pour régulariser sa situation. Il va également porter plainte pour diffamation avec constitution de partie civile, dénonçant certaines allégations « 100 % politique » et même « une vraie cabale » contre lui. L’élu soutiendra sa thèse d’ici à la fin du mois d’avril – soit après les municipales – s’y étant engagé à travers une attestation signée par sa directrice.
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