Le chantier parlementaire est lancé. Emmanuel Macron a confié aux sénateurs et députés la tâche d’écrire une proposition de loi sur la fin de vie d’ici la fin de l’été. Une annonce qui faisait suite à la remise des 65 propositions de la Convention citoyenne sur le sujet.
Après 27 jours de débats, les 184 personnes tirées au sort se sont prononcées. 97 % d’entre elles ont estimé que le cadre d’accompagnement de la fin de vie doit être amélioré. Une première partie des propositions appelle à « le renforcer et à l’améliorer ». Le président de la République a ainsi annoncé la préparation d’« un plan décennal national pour la prise en charge de la douleur et pour les soins palliatifs avec les investissements qui s’imposent », sans toutefois donner de calendrier ni d’enveloppe. Rappelons néanmoins qu’un « 5e plan national développement des soins palliatifs et accompagnement de la fin de vie » est en cours pour la période 2021-2024 et doté d’un budget de 180 millions d’euros. Le Président a également insisté sur la nécessité de « mieux faire appliquer la loi Claeys-Leonetti ».
Et 76 % des participants à la Convention se sont prononcés pour l’ouverture de l’accès à l’aide active à mourir. Les raisons invoquées sont le respect de la liberté de choix de chacun, la nécessité de combler les insuffisances du cadre actuel et le fait de mettre fin aux situations ambiguës constatées. 28 % estiment que « le suicide assisté doit prévaloir, et l’euthanasie demeurer une exception notamment afin d’éviter une implication trop grande des soignants ». Pour 40 %, « le suicide assisté et l’euthanasie doivent être indifféremment proposés ». Et la majorité souligne la nécessité de garde-fous et mécanismes de contrôle.
Si l’évolution législative semble donc inéluctable, quel sera le rôle des soignants dans ce futur accompagnement ? Si de nombreuses personnes du secteur ont été auditionnées par la convention, les avis semblent partagés, comme en témoignent deux généralistes dans nos pages. L’Ordre des médecins a, lui, avertit qu’il sera « défavorable à la participation d’un médecin à un processus qui mènerait à une euthanasie ».
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