A-t-on, l'air de rien, changé d'ère à la veille du week-end pascal ? Le décret clarifiant les règles d'inscription de la liste en sus est accusé de créer une médecine à deux vitesses. Selon le Leem, il n'autoriserait pas le remboursement de certains médicaments prescrits dans le cancer, faute d'avoir été gratifié d'une ASMR I, II, ou III. La France ne serait plus une terre d'accueil privilégiée pour l'innovation thérapeutique. Première en France, un médicament serait écarté des ordonnances pour un facteur économique. Le pays se barricade, érige de nouvelles frontières et soumet les nouveaux médicaments à des examens hors de portée pour la plupart des candidats.
La lecture est toute différente au sein du ministère de la Santé. On est offusqué de voir un simple décret technique qui répond à une demande de transparence qualifié d'arme fatale dirigée contre l'égalité aux soins. Une explication de texte publiée sur le site du ministère nous donne enfin la vraie grille de lecture. Ouvrons les guillemets. « Le décret conforte l'accès des patients aux traitements coûteux administrés à l'hôpital. » Oncologues, directeur d'hôpitaux, responsables d'associations de patients et industriels n'auraient donc rien compris…
Le gouvernement en vérité s'est soumis à une exigence du Conseil d'État. Il ne faut donc pas voir dans ce décret un texte rédigé dans la perspective de générer des économies.
La belle affaire ! Au programme de la loi de financement de la Sécurité sociale 2016 sont pourtant inscrites des économies imputées à la liste en sus à hauteur de 205 millions d'euros. La gestion dynamique ou agile de cette liste permettra des radiations plus aisées qui ne sauraient plus être contestées au tribunal. Et comme la Commission de transparence de la Haute Autorité de santé distribue de manière parcimonieuse les ASMR I à III, les comptes, on peut le parier, seront bons.
Mais peut-être au-delà des postures inévitables, comment arbitrer désormais entre l'optimisation des ressources publiques et les performances de la recherche pharmaceutiques ? Comment accueillir au juste prix les nouveaux traitements promis pour les prochains mois ?
On jugera cartes sur tables en juillet lorsque les radiations pour l'année 2016 seront annoncées. Pourtant les intérêts des uns et des autres ne sont pas au final si divergents. Marisol Touraine s’emploie à défendre jour après l’autre l’innovation. Il y aurait-il un nouveau paradoxe français ?
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