« Aller vite » sur l’accès aux soins ! C’est le souhait du président de MG France, qui s’est exprimé jeudi 28 avril lors d’une conférence de presse virtuelle. Après s’être félicité que « le pays ait écarté les solutions extrêmes » à l’issue de la réélection d’Emmanuel Macron, le Dr Jacques Battistoni a souligné qu’il y a « un message à entendre » toutefois. Les différences de vote en fonction des territoires, des catégories socio-professionnelles et de l’âge montrent que « des personnes se sentent exclues des services de la République, qui ne sont pas au rendez-vous, notamment la santé ». Ainsi pour le praticien, « il est important de résoudre la problématique de l’accès aux soins. Mettons-nous tous au travail ! », a-t-il lancé.
Si le médecin généraliste est une figure « incontournable et attendue » par les Français, pour le Dr Battistoni, il faut absolument « soutenir les médecins déjà en exercice » et en faire une priorité. « Il n’y a pas de solution miracle, mais une série de mesures, répertoriées dans le Guide des élus locaux qui cherchent désespérément un médecin, qui peuvent être déployées. Plein de choses sont déjà mises en place par les généralistes qui sont très créatifs ! », a-t-il précisé, résolument optimiste. « Les médecins généralistes sont au rendez-vous. La majorité des soins que nous apportons fonctionnent. En Occitanie, 98 % des demandes de soins non programmées considérées comme urgentes trouvent une réponse dans les 48 heures. » Il faudra également selon lui s’appuyer sur les élus locaux, à l’échelle départementale et intercommunale.
Une dizaine d’années à venir compliquées
Ceci dit, le président de MG France a rappelé qu’entre 700 et 800 généralistes arrêtent leur activité chaque année, selon le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom). Comment alors consolider cette offre de soins pendant la dizaine d’années à venir compliquée ? Déjà, pour le Dr Battistoni, « pas besoin d’une grande messe de santé ou d’une nouvelle loi ». Il contredit ainsi le projet du président réélu, lequel souhaite une « grande concertation » pour remettre « tous les acteurs autour de la table ». Pour le généraliste, un travail collectif aurait un intérêt uniquement « pour faire un inventaire des solutions » (assistants médicaux, infirmiers en pratique avancée (IPA), pharmaciens référents, cabinets secondaires…), voir ce qui ne fonctionne pas et généraliser certains dispositifs. En somme, ajoute-t-il, « affiner la boîte à outils, mais ils existent et sont sur la table ».
Interpellé sur le salariat, le Dr Battistoni a dit comprendre que certains médecins optent pour cette forme d’exercice. L’enjeu, pour lui, serait de donner aux libéraux « les avantages du salariat », à savoir que le temps travaillé soit médical. Regroupements de professionnels, centres de santé… les solutions existent, mais « il faut financer la médecine générale », poursuit-il.
Discuter entre professionnels plutôt qu’entre députés
Sur le partage et la délégation de tâches, le Dr Battistoni a défendu fermement la position de MG France. « Il faut en discuter entre nous. Ce n’est pas la loi qui doit organiser le partage des tâches à l’intérieur de corps de métiers existants. Ce sont les professionnels de santé qui doivent trouver une solution "gagnant-gagnant" » Il s’est également une nouvelle fois prononcé en faveur des équipes de soins coordonnées autour du patient (Escap), « une première marche pour un exercice coordonné structuré ».
Au sujet du tarif des consultations, la différenciation en fonction des territoires – proposition du Rassemblement national – est une « fausse bonne idée » selon le Dr Battistoni. Il invite plutôt à la mise en place d’« un bonus à travers le forfait structure, par exemple ». En revanche, une simplification de la tarification à l’acte est une nouvelle fois demandée par le praticien. « Il n’y a jamais un seul motif de consultation, généralement il y en a trois ou quatre ! », raconte-t-il. Ce sujet sera l’un des enjeux des négociations pour la prochaine convention médicale de 2023.
Prochain rendez-vous pour le syndicat : à Dijon les 24 et 25 juin prochain pour le 9e congrès de MG France, intitulé « Médecin généraliste traitant : un engagement local, social et durable », en présence du nouveau ministre de la Santé. Lequel devra être « à l’écoute et pas idéologue », a glissé le Dr Battistoni.
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