L’hyperspécialisation, la niche doit-elle être cultivée par le privé ?
Je suis sceptique car c’est se mettre en vulnérabilité par rapport aux évolutions techniques et au changement de tarification. En témoignent les cliniques en obstétrique qui ont quasiment disparu. Aujourd’hui, certaines cliniques se sont spécialisées en ophtalmologie. Mais quel sera demain leur avenir si la cotation évolue ? Si l’on regarde les comptes d’exploitation, c’est là où l’offre est large et que les résultats financiers sont les meilleurs. Des consultations non programmées ne sont pas compatibles avec une hyperspécialisation. Enfin, des exemples récents avec une hyperspécialisation en chirurgie bariatrique en ont montré les limites lorsque la réglementation est devenue plus exigeante avec un suivi élargi et pluridisciplinaire. Entre l’assurance maladie et la clinique se joue en permanence une course-poursuite entre le chat et la souris. Ce qui marche aujourd’hui ne sera peut-être plus rentable demain. Les effets d’aubaine ne durent qu’un temps.
L’ambulatoire est-il une menace avec la réduction des recettes hôtelières ?
Certaines cliniques font 75 % de leur activité en ambulatoire. Ces recettes hôtelières s’effritent chaque année. Or c’est de la marge pure. Les trois types de recettes pour les cliniques sont 1) les recettes provenant de la Sécurité sociale 2) les redevances et loyers des médecins libéraux 3) les recettes hôtelières. J’ai connu l’époque où les redevances payées par les médecins participaient au financement des cliniques. Mais le fisc est passé par là. Désormais le montant fixé ne permet pas de générer des bénéfices. Aujourd’hui, le rapport de force est en faveur du médecin qui dicte ses conditions. Cette source-là aussi s’est tarie. L’enjeu des recettes hôtelières est donc très important. Un autre risque est l’ubérisation des recettes hôtelières par la conciergerie. En revanche l’ambulatoire permet de faire des économies sur les charges de personnels. L’absence de travail de nuit et de week-end renforce l’attractivité des postes pour les infirmières.
* Conseil dans le secteur médico-social et l'un des auteurs de l'étude des Echos, L' avenir du secteur des cliniques privées : performances et stratégies face à la recomposition hospitalière, 2016.
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