Nos établissements portent l’histoire de l’hospitalisation privée. J’ai la fierté de diriger la plus ancienne clinique chirurgicale française créée en 1897 à Amiens par mon arrière-grand-père, le professeur Victor Pauchet. Chirurgien renommé et chirurgien de guerre, il a exercé à l’hôpital Saint-Michel à Paris où il a développé la chirurgie en créant un bloc opératoire ultra moderne pour l’époque, inspiré de son expérience sur les terrains de conflits armés. Il ouvrira ensuite les blocs du CHU d’Amiens. Aussi, la plus ancienne clinique médicale française est membre de SantéCité : la Clinique Saint-Hilaire à Rouen, dirigée par Mathias Martin, fut fondée par son arrière-grand-père en 1896. Derrière chaque coopérateur, si particulier soient-ils, il y a une success story
Toutes les cliniques du groupe coopératif SantéCité partagent un point commun. Le critère d’adhésion à SantéCité est le portage de plus de 50 % du capital par des personnes physiques. SantéCité créé en 2012 représente près de 25 % de l’hospitalisation privée et deux milliards et demi d’euros de budgets consolidés en activités MCO. Nous avons pris conscience de nos limites quant à nos capacités de maintenir la pérennité de nos établissements. Une commission a pour enjeu de réfléchir à la manière de lever des fonds afin de reprendre éventuellement un établissement à vendre ou aider à sa transmission. Nous sommes actuellement 47 coopérateurs avec 120 établissements.
« Sommes-nous indépendants ou encore indépendants ? ». De nombreuses structures ont choisi de se rapprocher de groupes capitalistiques disposant pour certains de fonds étrangers. Les groupes disposent d’un modèle centralisé et sont très professionnels. Il ne faudrait pas pour autant considérer que ce soit l’unique alternative pour l’hospitalisation privée. Notre modèle indépendant et d’ancrage territorial fait aussi la préférence pour de nombreux dirigeants d’établissements et de nombreux médecins libéraux qui exercent dans nos cliniques. Notre objectif, c’est la pérennité, ce n’est pas la course au développement.
La différence que nous ressentons entre le public et le privé, c’est comme si dans un cirque lors d’un numéro de trapèze, le trapéziste public avait un filet de sécurité et celui du privé se l’était fait retirer. Seuls sont encore en activité les plus forts, les autres ont disparu.
Quelles solutions mettre en place pour tenir ? On diversifie les activités mais pas trop, à la marge de notre métier central en complétant l’offre de soins. Par exemple, nous avons récemment déployé au sein de notre clinique une activité de SSR respiratoire qui complète la chirurgie thoracique et la médecine pneumologique dans l’établissement. On y va à petits pas.
Pour équilibrer nos structures d’exploitation, il faut avoir la possibilité de disposer d’autres activités qui viennent compenser ces pertes. Par exemple, nos activités de chirurgie et de médecine ne peuvent pas réussir à compenser les écarts négatifs de l’obstétrique pour lesquels notre fédération milite à un juste tarif au regard des moyens à engager. Nous gérons donc « au cordeau » chaque jour. Mais, avec les années, l’équation devient inextricable.
Le système de santé qui régule l’activité des acteurs de santé est aujourd’hui en grande difficulté et menace de s’écrouler de l’intérieur, parce que les moyens à consacrer à la prise en charge des patients ne sont plus couverts par les moyens budgétaires accordés aux établissements de santé publics ou privés, et que les professionnels de santé sont ainsi mis dans des situations inextricables. Les évolutions positives décidées par les tutelles et qui visent à rattraper le retard constaté depuis des années, progressent moins vite que les difficultés opérationnelles qui s’accumulent sur le terrain.
Il n’y a pas que la pertinence des actes à revoir. On peut aussi réformer la mécanique du système.
Dr Joëlle Belaïsch-Allart : « S’il faut respecter le non-désir d’enfant, le renoncement à la parentalité doit interpeller »
Visite médicale d’aptitude à la conduite : le permis à vie de nouveau sur la sellette
Le dispositif Mon soutien psy peine à convaincre, la Cnam relance l’offensive com’
Ouverture du procès d’un ancien psychiatre de l’AP-HM jugé pour viols et agressions sexuelles sur quatre patientes