L’ÂPRE débat entre les autorités de santé et les urologues sur le bien-fondé du dépistage du cancer prostatique par dosage du PSA n’est pas une spécificité française. Aux États-Unis il en va de même, avec des arguments similaires. Schématiquement, les premiers arguant de trop de biopsies, les seconds se fondant sur des vies à sauver.
Un urologue de l’université de Harvard, Martin G. Sanda, en publiant avec ses équipes deux articles dans deux revues offre une solution non dénuée de bon sens à la discussion. Tous ces débats, explique-t-il, sont le fait d’un manque de marqueurs pronostiques de l’agressivité tumorale avant la biopsie. Ils en suggèrent.
Dans la revue « Cancer », les Américains proposent un outil prédictif de l’agressivité, un nomogramme, fondé quatre critères, outre un PSA élevé. M. Sanda combine les données de la densité du PSA (› 0,1), de l’indice de masse corporelle - IMC - (plus exactement d’un IMC › 25), du volume prostatique au toucher rectal et des antécédents familiaux. Cet algorithme a pu être établi après une étude multicentrique réalisée par l’équipe. La détection d’une tumeur considérée a priori comme agressive déclenche la prescription d’une biopsie.
Deux gènes dans les urines.
L’autre étude, publiée sur le site de « Urologic Oncology », repose aussi sur un algorithme, mais il ne semble pas d’utilisation immédiate en pratique clinique. Il s’agit d’associer le dosage du PSA (compris entre 2 et 10) à la détection, dans les urines, de deux gènes de prédisposition, TPMPRSS2:ERG et PCA3. L’examen doit être réalisé après un toucher rectal.
L’étude a été menée chez 48 patients qui devaient subir une biopsie prostatique. La sédimentation des urines a permis d’obtenir l’ARN de 45 participants. Sur les biopsies réalisées par la suite, 15 sont revenues positives. TPMPRSS2:ERG est associé à une tumeur avec un odds ratio de 12,02. Il a également la plus grande spécificité, calculée à 87 %. En revanche, PCA3 possède la plus grande sensibilité diagnostique, chiffrée à 93 %. La plus haute valeur discriminative dans la prédiction d’un cancer, enfin, est attribuée à TPMPRSS2:ERG.
En utilisant l’algorithme multivariable, associant le PSA et deux marqueurs urinaires, après toucher rectal, il deviendrait possible de mieux cibler les patients justifiant d’une biopsie, lorsque le PSA est ≤ 10 ng/ml. Ce qui permettrait, selon les données de l’étude, d’éviter le désagrément du prélèvement dans un tiers des cas. Au-delà de ce seuil, le calcul mathématique suggère, de toute façon, une biopsie chez tous les patients.
Cancer et Urologic Oncology, éditions avancées en ligne du 12 décembre 2011.
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