UNE ENQUÊTE récente a permis de dresser un état des lieux qui a recensé l’ensemble des actes médicaux invasifs ayant pour but le diagnostic et/ou le traitement d’une pathologie tumorale réalisés sous guidage et sous contrôle d’un moyen d’imagerie.
Les biopsies représentent plus de la moitié des gestes réalisés sous contrôle par imagerie. Néanmoins, depuis quelques années, des techniques à visée thérapeutique de plus en plus performantes se développent : ablation tumorale, prise en charge de la douleur, techniques palliatives (dérivations, cimentoplasties…).
Ces gestes mini-invasifs diagnostiques et/ou thérapeutiques, dont les indications sont en constante expansion, sont mis en œuvre après avoir été discutés et décidés en réunion de concertation pluridisciplinaire.
500 000 actes en France chaque année.
Les techniques et innovations mini-invasives concernent près de 500 000 patients en France chaque année.
On distingue les actes simples, réalisables par tout radiologue polyvalent, comme les biopsies, les actes intermédiaires, réalisables au sein d’une structure de radiologie interventionnelle (drainages, embolisations, infiltrations) et les actes complexes réalisables dans une structure spécialisée, comme une ablation tumorale ou une cimentoplastie.
L’activité globale de RI cancérologique, tous actes confondus, a été évaluée en 2006 à près de 500 000 actes dont 330 000 actes diagnostiques et 132 000 actes thérapeutiques. Les actes diagnostiques sont guidés par échographie dans 3 cas sur 4, par radiologie 1 fois sur 6, et moins souvent par scanner (6 % des actes). Parmi les 132 000 actes thérapeutiques « classés cancer », on note 110 000 poses de voie veineuse centrale et 21 000 autres actes, essentiellement endocanalaires (10 500 cas), des traitements de la douleur (1 400 cas) et des ablations tumorales (1 700 cas). Il est à noter que le maillage des activités diagnostiques est relativement dense, mais que les activités thérapeutiques sont insuffisamment accessibles. Globalement, les actes de haute technicité sont essentiellement réalisés dans les métropoles régionales qui sont polyvalentes, alors que les chefs-lieux de département sont en règle générale des relais.
La radiologie interventionnelle représente un volume d’activité très important mais sans doute sous-estimé du fait des modalités actuelles de recueil de l’activité, et mal valorisée eu égard à la complexité de sa mise en œuvre.
Des indications élargies à prévoir…
« Les transformations en cours dans le domaine du diagnostic en cancérologie, sous l’effet combiné de la génétique, de la biologie et de l’imagerie, vont permettre de découvrir des tumeurs de plus en plus tôt, ce qui va contribuer à élargir les indications des techniques de radiologie interventionnelle cancérologique, qu’elles soient curatives ou adjuvantes. »
Des indicateurs de qualité en radiologie interventionnelle cancérologique doivent être mis en place afin d’évaluer les délais opératoires, la traçabilité de l’information donnée au patient, les comptes rendus opératoires détaillés, les outils de mesure de la morbi-mortalité postopératoire, le suivi annuel de l’évolution du patient et à 5 ans, l’exhaustivité du recueil de l’activité…
D’après un entretien avec le Pr Frank Boudghene, service de radiologie, hôpital Tenon, Paris.
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