Le raccourcissement des télomères au fil du temps, c’est-à-dire le vieillissement que l’on pensait « inné », n’est pas déterminé par la seule hérédité. Pour la première fois, des chercheurs californiens montrent que le fait d’adopter un mode de vie plus sain se traduit par une inversion du phénomène : un rallongement des télomères. « Nos gènes et les télomères ne sont pas nécessairement une fatalité », explique le Pr Dean Ornish, l’auteur principal.
Au cœur du vieillissement cellulaire
Les télomères sont des « capuchons protecteurs » situés à l’extrémité des chromosomes, qui affectent la vitesse du vieillissement cellulaire. Ces combinaisons d’ADN et de protéines ont pour effet de préserver la stabilité des chromosomes. Plus les télomères deviennent courts, plus les cellules vieillissent et meurent rapidement. Récemment, le fait d’avoir des télomères courts a été associé à plusieurs maladies liées à l’âge, telles que les cancers, la démence vasculaire, les maladies cardio-vasculaires, l’ostéoporose et le diabète.
Alimentation, exercice, stress
Les chercheurs ont suivi 35 patients ayant un cancer de la prostate peu avancé et suivis de façon très régulière dans un protocole de « surveillance active ». Dix d’entre eux ont été inclus dans le bras au mode de vie modifié comportant un régime riche en végétaux (riche en fruits, légumes et céréales non raffinées, pauvre en graisses et en glucides raffinés), de l’exercice modéré (marche ≥ 30 minutes par jour, 6 jours par semaine), une réduction du niveau de stress (stretching, respiration et méditation inspirés du yoga) et la fréquentation hebdomadaire d’un groupe de soutien. Les 25 autres participants poursuivaient leur vie habituelle.
Un allongement de 10 %
Par rapport aux témoins, le groupe « mode de vie » a présenté une augmentation significative de la longueur des télomères d’environ 10 %. Et, plus les sujets suivaient les recommandations du programme, plus l’amélioration de la longueur des télomères était notable. À l’inverse, comme attendu, le groupe témoin a présenté un raccourcissement des télomères, chiffré à près de 3 % à la fin du suivi. Si ces résultats se confirmaient dans la population générale par la suite, il y a fort à parier, selon les chercheurs, que l’allongement des télomères puisse permettre d’éviter certaines maladies liées à l’âge et même d’augmenter l’espérance de vie.
« The Lancet Oncology », publié en ligne le 16 septembre 2013
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024