MALGRÉ l’accroissement du nombre d’options thérapeutiques, la leucémie lymphoïde chronique reste une maladie incurable. La médiane de survie va de dix ans pour les patients vus à un stade précoce à moins d’un an pour ceux qui sont résistants à la fludarabine. Etant donné le caractère incurable de la maladie et la détérioration du pronostic quand l’affection est à un stade avancée ou réfractaire, des alternatives thérapeutiques précoces sont nécessaires.
Des données précliniques ont suggéré que l’association d’alemtuzumab à la fludarabine pourrait avoir un effet synergique étant donné leurs modes d’action complémentaires. L’équipe de Kennedy (« Blood », 2002) a rapporté les observations de 6 patients qui étaient réfractaires à ces deux médicaments administrés séparément ; or 5 d’entre eux se sont montrés sensibles à l’association des deux, avec obtention d’une rémission. Par ailleurs, un travail de phase 2 (« J Clin Oncol », 2005) a suggéré que l’association fludarabine alemtuzumab pouvait améliorer le devenir de patients ayant une LLC récurrente ou réfractaire, avec un taux de réponse global de 83 % et une survie globale médiane de 35,6 mois.
Ces données ont conduit à la mise en place d’un essai destiné à évaluer l’efficacité et la sécurité de l’association alemtuzumab et fludarabine par rapport à une monothérapie par fludarabine chez des patients ayant une LLC récurrente ou réfractaire. Ce travail a été conduit dans 43 centres européens et 5 centres nord-américains. Les signataires (Thomas Elter et coll.) sont d’Allemagne, de Bulgarie, d’Ukraine, de Pologne, de Croatie et de Cambridge (États-Unis ; Genzyme).
Un maximum de six cycles de 28 jours.
Les patients inclus, âgés de plus de 18 ans, avaient une LLC aux stades A, B ou C de Binet ou aux stades Rai I-IV. Dans un rapport 1:1, ils ont été assignés à recevoir en ouvert soit l’association fludarabine à 30 mg/m2/j plus alemtuzumab 30 mg/j à J1-3, soit la fludarabine à 25 mg/m2/j à J1-5. Les deux protocoles étaient administrés pendant un maximum de six cycles de 28 jours. Le critère principal était la survie sans progression (SSP).
Résultat : la survie sans progression a été de 23,7 mois avec l’association contre 16,5 mois avec la fludarabine seule.
En ce qui concerne les effets secondaires, ils ont été observés chez 98 % des patients recevant l’association et 90 % des patients sous monothérapie. L’incidence des effets secondaires sérieux était plus élevée avec l’association (33 % versus 25 %) ; les décès liés aux effets adverses étaient identiques dans les deux groupes (6 % versus 7 %).
The Lancet Oncology, édition en ligne du 11 octobre 2011. doi:10.1016/S1470-2045(11)70242-X.
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024