DE NOTRE CORRESPONDANTE
APRÈS TRAITEMENT d’une leucémie, un petit nombre de cellules tumorales peuvent persister. Plusieurs études ont montré l’importance de détecter une maladie résiduelle minime (MRM) pour prédire le risque de récidive et guider ainsi la prise en charge.
La cytométrie en flux est actuellement la principale méthode utilisée aux Etats-Unis pour détecter la MRM. Elle quantifie dans le sang les cellules qui expriment à leur surface des marqueurs anticorps spécifiques du cancer. Toutefois, ce test est mal standardisé sur l’ensemble des laboratoires ; les anticorps utilisés pour marquer les cellules cancéreuses sont coûteux ; chaque type de cancer requiert un test différent ; et, enfin, sa sensibilité est faible, ce qui signifie que le test peut ne pas détecter la présence des cellules cancéreuses.
Harlan Robins (Fred Hutchinson Cancer Research Center, Seattle, Etats-Unis) et coll. ont évalué pour la première fois une nouvelle technologie - le séquençage à haut débit des gènes du récepteur lymphoïde - pour détecter la MRM chez des patients leucémiques.
Leur étude porte sur 43 enfants atteints de leucémie aiguë lymphoblastique de type T (LAL-T). Les chercheurs ont utilisé, pour chaque patient, un prélèvement de sang ou de moelle osseuse (MO) avant traitement et un prélèvement de MO 29 jours après traitement.
Les régions variables des deux gènes TCRB et TCRG ont été séquencées. Les échantillons pré-traitement étaient utilisés pour définir les séquences CDR3 du TCR clonal, et les échantillons post-traitement appariés étaient évalués pour la présence d’une MRM.
Les résultats ont été comparés avec l’identification de lymphoblastes T anormaux par cytométrie en flux.
Résultat, leur technique de séquençage à haut-débit détecte une MRM chez presque deux fois plus de patients que ne le fait la cytométrie en flux, soit 25 patients contre 13 patients.
« Notre recherche indique que le séquençage à haut-débit (SHD) offre plusieurs avantages sur la cytométrie en flux. Puisque le SHD peut détecter n’importe quel clone pré-identifié, et puisque ce test est réalisé dans un laboratoire centralisé, il produit des résultats fiables et reproductibles, quelque soit le type du cancer. En outre, le SHD est hautement automatisé et d’un bon rapport cout-efficacité, tandis que la cytométrie en flux demande plus de temps, repose sur le talent du technicien et est donc sujet donc à l’erreur. »
Brevet de licences.
Le Hutchinson Center a breveté les technologies principales employées par Robins et coll., et les licences exclusives ont été octroyées à la compagnie Adaptive Biotechnologies (Seattle) co-fondée par Robins.
« La principale méthode pour détecter la MRM en Europe est la technique de PCR quantitative allèle spécifique ; pour cette méthode, le clone cancéreux est isolé et amplifié en utilisant un procédé complexe, spécifique à chaque patient. Tandis que cette méthode est potentiellement aussi sensible que la méthode SHD, ce processus prend plus d’un mois et est au moins cinq fois plus cher », explique au « Quotidien » Chad Robins (frère de Harlan Robins), directeur de la compagnie Adaptive Biotechnologies.
Les chercheurs envisagent d’évaluer ce test (ImmunoSEQ) dans une population plus large de patients ayant différents cancers sanguins des cellules T et B, et de suivre les patients plus longtemps afin de démontrer une corrélation entre la détection de la MRM et la survie.
« Nous espérons que notre laboratoire centralisé CLIA (Seattle) sera certifié avant fin 2012, et que notre test de MRM sera disponible en clinique pour de nombreuses formes de cancers sanguins dans l’année à venir », confie Chad Robins.
Au-delà de l’oncologie, immunoSEQ est aussi étudié pour identifier et développer des biomarqueurs dans diverses maladies auto-immunes comme la SEP, la maladie de Crohn et le lupus.
Wu et coll., Science Translational Medicine, 16 mai 2012.
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