QUEL SUIVI à long terme faut-il proposer aux sujets porteurs d’un bloc auriculo-ventriculaire de type 1 (BAV 1) ? Si Susan Cheng et ses collègues de Boston n’ont pas la réponse à la question, c’est pourtant bien ce problème que soulève leur étude. Les chercheurs viennent en effet de montrer que cette anomalie, considérée comme bénigne jusqu’alors, augmenterait à terme le risque de complications cardio-vasculaires. Le risque de fibrillation auriculaire serait doublé, et celui de pose de pacemaker triplé. La mortalité toute cause confondue serait augmentée, elle aussi mais plus discrètement. Alors que cette étude annonce des résultats surprenants, elle se démarque des travaux antérieurs par la fiabilité de ses données. La population étudiée est particulièrement représentative, puisqu’elle comprend plus de 7 500 sujets de la cohorte de Framingham ayant eu un ECG de routine. De plus, la durée de suivi s’est étalée sur une période prolongée allant des années 1968-1974 jusqu’en 2007. Chaque événement cardio-vasculaire était enregistré de manière prospective au cours des consultations de surveillance.
Un état précurseur.
En comparant les 124 sujets ayant un intervalle PR › 200 ms à l’inclusion à ceux ayant un espace PR < 200 ms, l’incidence pour 10 000 personne-années est ainsi apparue à 140 (IC 95 %, 95-208) versus 36 (IC 95 %, 32-39) pour la fibrillation auriculaire, à 59 (IC 95 %, 40-87) versus 6 (IC 95 %, 5-7) pour la pose de pacemaker et à 334 (IC 95 %, 260-428) versus 129 (IC 95 %, 123-135) pour la mortalité toute cause. Le calcul des risques a été pondéré pour l’âge, la fréquence cardiaque, l’hypertension artérielle, l’indice de masse corporelle, le ratio HDL/cholestérol total, le tabagisme et le diabète. Pour la fibrillation auriculaire, des variables supplémentaires ont été prises en compte comme l’existence d’une valvulopathie, d’une hypertrophie ventriculaire gauche à l’ECG et la notion d’extrasystoles auriculaires.
Pour expliquer leurs résultats, les auteurs font état de plusieurs hypothèses. Il est possible que l’allongement de l’espace PR soit un état précurseur de trouble de la conduction plus grave. Une autre hypothèse serait que cette anomalie électrocardiographique reflète un « vieillissement » du système cardio-vasculaire. Ce pourrait être un marqueur précoce de fibrose et de calcification du cur avant l’âge de 40 ans. Quant au risque de fibrillation auriculaire, il est fortement suggéré un lien spécifique avec l’allongement de l’espace PR, puisque d’autres anomalies de conduction lui sont fréquemment associées. Alors que le risque est probablement sous-estimé en raison des perdus de vue, il apparaît nettement que le BAV 1 n’est pas aussi anodin qu’il semblait l’être. Tout reste encore à préciser pour ce qui est de la stratégie à adopter en cas de découverte fortuite de ce trouble de la conduction.
JAMA, volume301, n° 24, 24 juin 2009.
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