Y a-t-il un bénéfice à attendre d’une association iSGLT2 à la finérénone (antagoniste non stéroïdien des récepteurs minéralocorticoïdes), chez les personnes diabétiques de type 2 (DT2) atteintes de maladie rénale chronique ?
Pour répondre à cette question, une étude a randomisé 260 patients DT2 atteints d’insuffisance rénale en trois groupes (1:1:1) pour recevoir soit de la finérénone, soit empagliflozine à 10 mg/j soit les deux (1). Ces patients avaient un débit de filtration glomérulaire (DFGe) de 30 à 90 ml/min/1,73 m² en moyenne, et un rapport albuminurie/créatininurie (A/C) compris entre ≥ 100 et < 5 000 mg/g ; ils étaient déjà traités par un sartan.
Le critère d’évaluation principal était la variation relative du A/C moyen entre l’inclusion et J180. Au départ, le rapport A/C était similaire, et très élevé dans les trois groupes : en médiane 579 [292 à 1 092] mg/g.
Au 180e jour, la diminution du rapport A/C sous bithérapie était supérieure de 29 % à celle observée avec finérénone seule : RR = 0,71 [0,61 à 0,82]. Elle était, toujours sous bithérapie, supérieure de 32 % à celle observée avec l’empagliflozine seule : RR = 0,68 [0,59 à 0,79].
Aucun des deux agents, seuls ou en association, n’a entraîné d’effets indésirables inattendus. L’hypotension symptomatique, l’insuffisance rénale aiguë et l’hyperkaliémie ayant conduit à l’arrêt du traitement étaient rares.
L’ère de la néphroprotection préventive
Les temps récents ont confirmé la place prédominante du DT2 dans les maladies rénales chroniques, y compris jusqu’au stade de la dialyse. C’est aussi l’ère de l’apparition de thérapeutique de néphroprotection préventive, ou du moins celle qui ralentit l’évolution d’une néphropathie déjà constituée.
Ici, à un stade de forte excrétion d’albumine urinaire, on constate que l’association de l’ empagliflozine et de la finérénone a permis une baisse très significative du débit d’albuminurie. Des résultats résumés dans l’article de synthèse associé (2).
À noter que l’apparition d’une baisse du DFGe de plus 30 % n’a concerné qu’une très faible partie des sujets traités (5 %), que ce soit avec chacune des molécules ou l’association des deux, et cette baisse a été réversible à l’arrêt du traitement.
Les effets indésirables attendus ont été rares et de nouveaux effets indésirables inattendus possiblement liés à l’association des deux molécules n’ont pas été constatés. Cela marque une avancée supplémentaire dans la prise en charge de la maladie rénale du DT2.
(1) Agarwal R, Green JB, Heerspink HJL, Mann JFE, McGill JB, Mottl AK, Rosenstock J, Rossing P, Vaduganathan M, Brinker M, Edfors R, Li N, Scheerer MF, Scott C, Nangaku M; CONFIDENCE Investigators. finérénone with Empagliflozin in Chronic Kidney Disease and Type 2 Diabetes. N Engl J Med. 2025 Aug 7;393(6):533-543
(2) Georgianos PI, Koufakis T, Arampatzis S, Liakopoulos V. CONFIDENCE in the safety and efficacy of dual therapy with an SGLT-2 inhibitor and finerenone in patients with chronic kidney disease and type 2 diabetes. Diabetes Obes Metab. 2025 Nov;27(11):6097-6100
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