Un score Kdigo normal trompeur dans le DT1

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Publié le 06/02/2025
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Méfiance ! Le risque rénal et cardiovasculaire du diabétique de type 1 est sous-estimé pour les scores Kdigo quasi normaux.

Crédit photo : BURGER/PHANIE

Le système de classification largement adopté Kdigo (pour Kidney disease : improving global outcomes) a été sous-utilisé pour évaluer le fardeau du risque rénal et le risque d’effets indésirables dans le diabète de type 1 (DT1).

Une étude a été menée sur une cohorte de 40 199 personnes atteintes de diabète de type 1 (DT1) du registre national suédois du diabète, afin de clarifier la corrélation entre chaque catégorie Kdigo et les évènements indésirables (1).

La prévalence des différentes catégories Kdigo a été évaluée au départ, puis l’incidence d’effets indésirables rénaux et cardiovasculaires (CV), y compris la mortalité, a été relevée, dans chaque catégorie. Cela a permis de calculer l’association de la catégorie de départ avec le risque de cinq évènements : baisse de 40 % du DFGe, insuffisance rénale, événements indésirables rénaux et cardiovasculaires majeurs, et mortalité toutes causes confondues.

Résultats, parmi les 39 067 patients inclus, suivis en moyenne pendant 9,1 ans, 18,5 % ont présenté une maladie rénale chronique (MRC), définie par un DFGe < 60 ml/min/1,73 m2 et/ou une albuminurie. L’analyse en régression Cox a montré une augmentation progressive de l’incidence et des rapports de risque ajustés avec l’avancement des catégories dans la classification Kdigo, y compris dans la G2A1 (catégorie avec un DFG préservé et une normoalbuminurie, définie comme non-MRC). Cependant un DFGe ≥ 105 ml/min/1,73 m2 sans albuminurie n’était pas associé à un risque accru.

Une nécessité de réévaluer le risque

La classification des maladies rénales (Kdigo) est sous-utilisée pour améliorer la situation rénale des sujets avec DT1. Cette étude visait à évaluer le surrisque rénal et CV des sujets avec DT1 en utilisant cette classification.

La prévalence de la maladie rénale chronique était de 18,5 %, avec une incidence et des rapports de risque croissants pour les évènements indésirables à mesure que les catégories Kdigo avançaient. Un taux de filtration glomérulaire estimé à 105 ml/min/1,73 m2 n’a montré aucun risque accru. Mais un risque élevé d’évènements a été observé, même dans la catégorie Kdigo G2A1, précoce, avec un taux de filtration glomérulaire estimé préservé et une normo-albuminurie, soulignant la nécessité de réévaluer la stratification du risque pour cette catégorie précoce, du fait de l’état de DT1.

(1) Kianoush Makvandi, Björn Eliasson, Hanne Krage Carlsen, Seema Baid-Agrawal; Burden and Excess Risk of Adverse Outcomes in Patients With Type 1 Diabetes Using Kdigo Classification : A National Cohort Study. Diabetes Care 2 January 2025; 48 (1): 106-117

Pr Serge Halimi, Professeur Émérite, Université Grenoble-Alpes

Source : lequotidiendumedecin.fr