DANS LE CENTRE de contrôle des poisons aux États-Unis, on rapporte une augmentation de 80 % en huit ans. Le premier cas a été enregistré en 1977. Cette ingestion est assortie d’une morbidité au niveau de l’œsophage lorsque la pile y reste coincée. Les dommages physiologiques sont dus à la fuite du contenu alcalin ce qui cause une nécrose, à une décharge électrique occasionnant une brûlure de bas voltage et à une nécrose de pression.
Quelle est la prise en charge adaptée de cette ingestion de corps étranger particulier chez l’enfant, se sont demandés Stanley Kimball et coll. (Salt Lake City) ? Ils présentent une revue des dossiers concernant ce problème traités dans leur service de chirurgie pédiatrique.
Ils ont trouvé 10 patients qui avaient ingéré une pile bouton qui était restée bloquée dans l’œsophage et à qui une endoscopie a dû être pratiquée pour ablation ; 3 enfants avaient des lésions œsophagiennes minimales ; les 7 autres présentaient des lésions œsophagiennes extensives allant jusqu’à la tunique musculaire (n = 5), une perforation étant survenue chez les 2 autres.
Chez l’un des enfants, la lésion extensive a atteint la trachée et a produit une fistule œso-trachéale.
Les auteurs ont élaboré un protocole de prise en charge. Le principe de base est qu’en cas de forte suspicion d’ingestion de pile, une radiographie thoracique (F + P) et du cou est nécessaire. Si la pile est visualisée dans l’œsophage, une œsophagoscopie en urgence est de mise. Le suivi et les décisions suivantes dépendant de l’importance des lésions (voir tableau).
La nécrose en une heure.
Les études animales ont démontré que les lésions peuvent survenir très rapidement après l’ingestion de la pile. La nécrose survient en une heure, les ulcérations apparaissent en deux heures et la perforation au bout de 8 à 12 heures après l’ingestion. Elle montrent aussi que la sévérité de la lésion est associée à la position de la pile lorsque la face alcaline est contre l’œsophage et à la durée du contact.
Ce qui se confirme dans l’étude : une érosion suivie d’une nécrose est vue chez 2 enfants. Un patient qui a été vu 4 heures après l’ingestion a développé des séquelles à long terme d’une sténose œsophagienne.
Les recommandations d’observation d’un patient après ingestion de pile ne sont donc pas de mise, soulignent les auteurs. Ces auteurs préconisent une exploration par endoscopie bronchique pour compléter l’endoscopie œsophagienne. Dans l’étude présentée ici, cela a été réalisé chez 8 des 10 jeunes patients.
Arch Otolaryngol Head Neck Surg, vol. 136 (n° 9), septembre 2010.
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