L’HÉMOPHILIE A est une affection hémorragique due au déficit en facteur VIII (FVIII) de la coagulation. Elle affecte environ 1 naissance de garçons sur 10 000.
La moitié des patients ont une hémophilie sévère (définie par une activité du facteur VIII inférieure à 1 % de la normale) et présentent au moins un épisode hémorragique par mois s’ils ne reçoivent pas de traitement préventif.
La supplémentation prophylactique en FVIII permet de réduire les complications hémorragiques, cependant elle a deux inconvénients majeurs : environ 30 % des patients sévèrement affectés développent des anticorps anti-facteurs de substitution, appelés inhibiteurs, qui empêchent l’utilisation du FVIII ; de plus, la supplémentation en FVIII nécessite des injections intraveineuses fréquentes, ce qui est problématique notamment pour les enfants traités à domicile.
Afin de développer une nouvelle approche thérapeutique, Kitazawa (Chugai Pharmaceutical, Shizuoka, Japon) et coll. ont synthétisé un anticorps qui simule la fonction du FVIII.
La fonction du facteur VIII est de favoriser l’interaction entre deux autres protéines de la cascade de coagulation, le facteur IX activé (IXa) et le facteur X.
Les chercheurs ont produit par génie génétique un anticorps (hBS23) bispécifique du facteur IXa et du facteur X, qui se lie à chacun d’eux et les positionne de façon à ce que les facteurs IXa et X entrent en contact.
L’équipe de chercheurs de la compagnie Chugai, en collaboration avec des chercheurs de l’université médicale de Nara (Japon), rapporte des résultats précliniques prometteurs dans la revue « Nature Medicine ».
Réduction de l’hémorragie.
In vitro, cet anticorps bispécifique (hBS23) restaure l’activité de coagulation dans le sang des hémophiles A, même en présence d’anticorps inhibiteurs du FVIII.
De plus, l’anticorps bispécifique se montre efficace chez l’animal : il réduit l’hémorragie dans un modèle d’hémophilie A acquise chez le singe.
De façon importante, l’anticorps hBS23 a une biodisponibilité sous-cutanée élevée et une demie-vie de deux semaines, ce qui suggère qu’il pourrait avoir une efficacité prophylactique contre les hémorragies en étant injecté en sous-cutané seulement une fois par semaine.
De plus, puisque son activité n’est pas affectée par la présence d’inhibiteurs, il pourrait être administré aux patients qui ont déjà développé des inhibiteurs contre le FVIII.
« Un agent à action prolongée, injectable en sous-cutané, et non affecté par la présence d’inhibiteurs pourrait soulager nettement le fardeau des soins pour le traitement de l’hémophilie A », concluent les chercheurs.
L’anticorps bispécifique décrit dans l’étude a, depuis, été modifié et optimisé. Il est évalué maintenant (depuis août) dans un essai de phase I au Japon, chez des adultes en bonne santé ainsi que chez des patients hémophiles A (avec et sans inhibiteurs).
Kitazawa et coll., Nature Medicine, 30 septembre 2012.
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