QUE FAIRE pour oxygéner un patient en asphyxie aiguë et qui ne peut être intubé ou ventilé par ballonnet ? À l’heure actuelle, on reste à la recherche d’une solution clinique satisfaisante.
Kheir et coll. (Boston) ont eu l’idée de réaliser des microparticules lipidiques emprisonnant un noyau d’oxygène à l’état gazeux (MLO). Les particules remplies de gaz sont couramment utilisées comme agents de contraste en échographie et comme véhicules de délivrance de médicaments.
Dans le cas présenté, une monocouche de phospholipides (matériel biocompatible, sans intervention avec le métabolisme) est construite autour de l’O2, ce dernier représentant 90 % du volume de l’édifice.
Le diamètre externe de l’ensemble est d’environ 4 µm (microns) en moyenne, soit inférieur à celui d’une hématie. Un nombre réduit de microparticules excède les 10 µm. Les auteurs ont réalisé une préparation de ces MLO sous la forme d’une suspension mousseuse.
Des essais chez des lapins.
Kheir et coll. ont tout d’abord mené une vérification in vitro. Ils ont mélangé une suspension mousseuse des MLO avec du sang humain dans des tubes à essai. Et confirmé que les MLO fonctionnent comme il était espéré, en mesurant de l’accroissement de l’oxy-hémoglobine, que l’on observe dans les secondes qui suivent la mise en présence dans le mélange.
Ensuite, les MLO ont été administrés par voie intraveineuse à des lapins en état d’asphyxie, et donc hypoxémiques. Les MLO ont permis de maintenir une oxygénation globale de l’organisme des animaux du modèle, avec le maintien d’une tension artérielle normale et d’un rythme cardiaque normal. Les auteurs trouvent une incidence basse d’hypotension irréversible au cours de ces administrations rapides de MLO. Les observations ont été menées comparativement à des animaux témoins, qui ont reçu une solution saline à la place des MLO et chez qui les séquelles neurologiques habituelles ont été observées.
« Les animaux à qui les MLO ont été injectés ont aussi vécu plus longtemps et il n’y a eu aucune altération des organes vitaux, tels que le foie ou les poumons », observent les auteurs.
Cette démonstration qu’un animal peut survivre et demeurer en bon état général après 10 à 15 minutes d’asphyxie complète est qualifiée d’« encourageante pour le domaine de la réanimation ». Des perfusions à court terme pourraient avoir des fonctions thérapeutiques chez les patients en état critique suite à différentes pathologies (obstruction des voies aériennes, syndrome de détresse respiratoire aiguë, cyanose réfractaire, difficultés d’intubation, etc.), « ce qui donne du temps pour une intervention résolutive et évite l’arrêt cardiaque ». « Mais avant que l’on entende demander " MLO ! " par les urgentistes, des travaux supplémentaires vont être nécessaires, pour évaluer les possibilités de retrait du dioxyde de carbone, le métabolisme des MLO et les éventuels effets secondaires à long terme, et notamment en cas de perfusion en continu. »
Science Translational Medicine, 27 juin 2012, vol. 4, n° 140.
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