L’ibrutinib, un inhibiteur de BTK, pourrait offrir une thérapie ciblée efficace contre la leucémie lymphoïde chronique (LLC) selon deux essais de phase I/II, présentés au congrès de l’American Society of Hematology*.
Dans la leucémie lymphoïde chronique (LLC), la plus fréquente des leucémies de l’adulte, la prolifération lymphoïde monoclonale entraîne l’accumulation de lymphocytes B anormaux dans la moelle, le sang et parfois les ganglions ; 70 % des patients ont plus de 65 ans.
Si la chimio-immunothérapie FCR (fludarabine, cyclophosphamide, rituximab) est efficace, elle ne l’est que pour un temps et elle est mal tolérée chez les sujets âgés. De plus, les formes à haut risque, caractérisées par des anomalies chromosomiques (délétions 17p ou 11q) ou une courte rémission, répondent mal aux traitements standards.
L’ibrutinib est un inhibiteur oral de la tyrosine kinase de Bruton (BTK), une enzyme importante dans le développement de la LLC. Il cible sélectivement les cellules leucémiques, favorisant la mort par apoptose et inhibant la prolifération, migration et adhésion des cellules LLC.
Byrd et coll. ont évalué l’ibrutinib en monothérapie (2 doses, 420 ou 840 mg/j) chez 116 patients atteints de LLC, repartis en différentes cohortes : 1) patients jamais traités et âgés de plus de 65 ans ; 2) patients en rechute ou réfractaires au traitement ; 3) patients ayant rechuté dans les deux ans après traitement (dits patients à haut risque).
Cet essai de phase Ib/II montre que l’ibrutinib est bien toléré et donne un taux de réponse (complète ou partielle) élevé dans les trois cohortes : 71 % chez les sujets âgés naïfs, 67 % chez les patients en rechute et 50 % chez les patients à haut risque. La rémission est durable : après vingt-deux mois de suivi, la survie sans progression est de 96 % chez les patients âgés naïfs et de 76 % chez les patients en rechute ou à haut risque.
« Si nous pouvons répliquer ces résultats dans les essais de phase III, l’ibrutinib pourrait constituer une nouvelle thérapie extrêmement précieuse non seulement pour les sujets âgés mais aussi pour tous les patients atteints de LLC », estime le Dr Byrd (Ohio State University, Columbus).
Quant à l’essai de phase II de Burger et coll. (MD Anderson Cancer Center, Houston) mené chez 40 patients à haut risque, il a évalué l’association ibrutinib (420 mg/j) et rituximab (une fois par semaine le premier mois puis une fois par mois) pendant six mois, suivie de la monothérapie par ibrutinib.
Globalement, ce traitement est bien toléré et induit des taux de réponse très élevés : 85 % de réponse après quatre mois de suivi. « Sur la base de ces résultats prometteurs, des études plus grandes sont nécessaires pour évaluer l’ibrutinib-rituximab dans la LLC à haut risque », conclut le Dr Burger.
* 54e congrès de l’American Society of Hematology, Atlanta.
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