ON COMPREND mieux certaines choses en les voyant et cette règle s’applique totalement au projet 3D-4D et à son stade de développement actuel : alors qu’on voyait surtout des images 3D sur des écrans 2D, la découverte de la 3D nécessitant le port de lunettes spéciales, la solution 3D-Relief offre un écran automultiscopique qui, relié au logiciel Osirix de visualisation, permet de voir, sans lunettes, une image correspondant au modèle capturé dans toute sa dimension spatiale.
Un résultat qui est le fruit d’une collaboration entre plusieurs acteurs qui auraient très bien pu ne jamais se rencontrer. A Paris, Sébastien Tranchant, dirigeant du groupe créé par son père et qui, à travers la marque T3D-Medical, voulait rappeler que Tranchant c’est depuis 1972 une firme spécialisée dans l’électronique. En France, toujours, un chercheur de génie qui a élaboré un système permettant « en trompant le cerveau », de recréer naturellement la 3D grâce à 8 visions, en respectant l’espacement naturel entre les deux yeux. Il a fallu aussi élaborer un écran adapté ce qui a nécessité de longues et minutieuses recherches. Le tout a demandé un investissement de 10 millions d’euros. À Genève, l’assemblage de trois expertises, en imagerie (Pr O. Ratib), en neurochirurgie (Pr K. Schaller) et en neuroradiologie interventionnelle (Dr V. Mendes-Pereira), et le financement assuré par la fondation Artères et le Memorial A. de Rothschild. Le premier objectif étant, via le développement de pilotes de rendre le logiciel Osirix, dédié à l’imagerie, compatible avec un écran 3D, en adaptant progressivement le système aux besoins cliniques.
Des images saisissantes.
Les images projetées (elles l’ont été pour la première fois en France, dans le cadre des Journées françaises de radiologie) sont saisissantes, qu’il s’agisse de la découverte d’un anévrisme, d’une cheville ou d’une véritable entrée dans un thorax ou dans un crâne. Les images 3D qui respectent parfaitement la proportion des objets sortent véritablement de l’écran. Chaque objet étant visible sous 8 angles de vue, à 10 mètres de distance, avec un large angle de diffusion de l’image (100°).
On voit bien tous les avantages de cette technique qui est multi-utilisateurs : perception des structures anatomiques complexes, enseignement des étudiants, information facilitée des patients, meilleure communication entre différents spécialistes et, bien sûr, préparation des interventions chirurgicales.
L’annonce de l’arrivée de la 4D devrait correspondre à un nouveau pas de géant car, grâce à un développement informatique considérable, les responsables du projet espèrent proposer très prochainement une transmission en direct des images 3D et non uniquement un film enregistré préalablement. Pour le Pr O. Ratib il s’agit de doter l’opérateur d’un GPS, d’un système de navigation en direct, permettant de savoir exactement où l’on est et ce qui se passe sur le site de l’intervention. Cette approche développée pour l’instant en neurologie, pour l’étude du cerveau pourrait permettre de réduire considérablement la durée des interventions et donc de l’anesthésie et des complications post-opératoires, sans parler des gains de temps pour les chirurgiens et de l’optimisation de la gestion des blocs opératoires. Une expertise qui devrait s’étendre de la neurologie à l’orthopédie, à la chirurgie viscérale…
Pour toutes ces raisons, on reparlera sans doute beaucoup du projet 3D-4D.
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