En libéral, la permanence des soins est un dispositif de prise en charge des demandes de soins non programmées. Organisée sous l’autorité du Préfet et avec l’aide du CODAMUP-TS (Comité départemental de l’aide médicale urgente, de la permanence des soins et des transports sanitaires), elle permet aux patients de faire appel à un système de garde lorsque les structures habituelles sont fermées, le soir, la nuit et le week-end notamment. Le département est ainsi divisé en secteurs et à chaque secteur correspond un médecin libéral de garde ou une association de permanence des soins selon le tableau départemental de permanence. Les ARS (Agences régionales de santé) visent actuellement à restructurer l’offre.
Un certain nombre de textes et de recommandations ont été récemment élaborés sur la permanence des soins en imagerie, domaine dans lesquels les prises en charge sont moins formalisées. Ils permettent de définir les objectifs à remplir afin de mieux soigner les patients, en particulier dans le cadre de l’urgence.
Une enquête menée par le groupe SFR-Urgence a été réalisée en 2010. Deux régions ont été ciblées, la région PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur) et la région Grand Ouest (Pays de la Loire et Bretagne). Six CHU, 20 CHG et 9 établissements de soins privés ont répondu. Tous avaient une autorisation d’accueillir des urgences.
Les seniors ont la cinquantaine…
Chaque année, le nombre de passages dans les services des urgences est en moyenne de 89 000 dans les CHU, 32 000 dans les CHG et 19 000 dans les établissements privés. Les effectifs médicaux des services de radiologie sont en moyenne de 25 dans les CHU, de 5,7 dans les CHG et de 12,1 dans les établissements privés, essentiellement des temps pleins.
La permanence des soins est assurée dans les CHU par 3 titulaires sur 4, dans les CHG par 9 titulaires sur 10 et par l’ensemble des titulaires dans les établissements privés. Les médecins qui participent à la permanence des soins sont âgés presque 2 fois sur 3 de 40 à 50 ans, 1 fois sur 3 de 50 à 60 ans, et ils ont rarement moins de 40 ans, sans différence entre les différents types d’établissements.
Dans les services de radiologie, le nombre d’admissions la nuit représente un tiers de l’activité dans les CHU, un quart dans les CHG et près de 10 % dans les établissements privés.
Les actes se répartissent en radiologie standard dans 82 % des cas, en scanner pour 12 % des actes, plus rarement en ultrasons (5 %), IRM (0,8 %) et radiologie interventionnelle (0,2 %).
Dans l’étude, seulement trois centres hospitaliers avaient un scanner dédié aux urgences, qui réalise alors près de 7 000 examens par an la nuit et le week-end. Les autres scanners ne sont pas dédiés à l’activité d’urgence le jour mais ils le sont la nuit et les week-ends. Ils effectuent alors 4 900 examens par an, nuit et week-end.
Aucune IRM n’était dédiée à une activité d’urgence dans cette enquête. Elle était disponible aux urgences la semaine dans 66 % des cas, 36 % le week-end et 30 % la nuit. Les 12 centres concernés avec une IRM réalisent au total 2 400 examens la nuit et le week-end. Dans le cas où une astreinte neuroradiologique diagnostique est mise en place, le nombre d’IRM est multiplié par 3.
Une garde sur place rarement opérationnelle.
L’organisation de la permanence des soins des seniors consiste en une astreinte sans téléradiologie dans 72 % des cas et avec téléradiologie dans 25 % des cas. Une garde sur place ou une permanence jusqu’à minuit existe dans quelques cas.
Seuls 10 centres (soit 25 %) ont accès à une téléradiologie, essentiellement dans le cadre d’activités en multisites. Seuls 5 % des centres pratiquent la téléexpertise.
En moyenne, 1,6 manipulateur est présent sur place lors de la permanence des soins ; en l’absence de radiologue, 4 centres sur 10 effectuent des scanners avec ou sans injection de produit de contraste.
Le temps entre la demande et la réalisation a été évalué pour certaines pathologies. Il est en moyenne de 190 minutes pour l’embolie pulmonaire, et de 77 minutes pour l’accident vasculaire cérébral.
Ainsi, en urgence, la radiologie générale représente le plus grand nombre d’actes pratiqués, et les radiologues sont très impliqués pour le scanner. Une garde sur place de radiologie n’est opérationnelle que dans moins de 10 % des centres, même si elle se développe dans les CHU. Il y a peu d’accès à l’IRM en urgence. La téléimagerie n’est utilisée que dans un centre sur quatre et, très exceptionnellement, la téléexpertise. La mutualisation des astreintes et des gardes ou d’astreintes multisites constitue une approche intéressante.
*D’après un entretien avec le Pr Jean-Yves Gauvrit (groupe SFR Urgences, unité d’imagerie neuro faciale, CHU, Rennes)
Conflits d’intérêt : aucun
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