LA RADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE « comprend l’ensemble des actes médicaux invasifs ayant pour but le diagnostic et/ou le traitement d’une pathologie » qui sont « réalisés sous guidage et sous contrôle d’un moyen d’imagerie ».
Elle permet d’accéder à une « cible » située à l’intérieur de l’organisme. Un acte diagnostique, par exemple un prélèvement, ou un acte thérapeutique est ensuite réalisé.
Repérage de la « cible » et voies d’accès par guidage radiologique.
La voie percutanée directe est devenue particulièrement importante depuis le développement de l’échographie et l’apparition du scanner corps entier. Le guidage par IRM est en cours de développement. Elle permet l’accès à de multiples structures et leur traitement : voies biliaires et urinaires supérieures, accès direct au tube digestif, destruction tumorale percutanée, infiltration radioguidée des structures nerveuses, consolidation du squelette par cimentoplastie, macrobiopsie et exérèse tumorale en sénologie…
Les orifices naturels sont plus rarement utilisés mais permettent d’accéder aux voies digestives supérieures et au côlon, mais aussi aux voies urinaires, génitales, lacrymales… Cela rend possible le traitement des rétrécissements du tube digestif par dilatation et/ou mise en place d’endoprothèse, le traitement des invaginations intestinales, principalement chez l’enfant, la dilatation urétrale et l’accès urétéral par voie basse, le cathétérisme tubaire rétrograde et la recanalisation pour le traitement de l’infertilité féminine.
Le cathétérisme vasculaire, utilisé à l’origine pour l’angiographie, permet de « vectoriser » un agent thérapeutique, ou d’effectuer un traitement sur le vaisseau pathologique lui-même. Les embolisations se sont rapidement développées, et sont utilisées dans le traitement des anomalies purement vasculaires, le traitement de certaines pathologies tumorales et des hémorragies par embolisation d’hémostase (polytraumatisme, hémorragie de la délivrance, hémoptysie, hémopéritoine, hémorragie digestive, urinaire ou ORL notamment). Cette technique est devenue le traitement de choix dans ce domaine.
De multiples indications de traitement endovasculaire sont apparues, parmi lesquelles on peut citer en premier l’ensemble des pathologies liées à l’athérome (angioplasties, endoprothèses…). Elles ont principalement été décrites et réalisées par des radiologues. Leurs résultats ont conduit d’autres spécialistes à les pratiquer également.
Une spécialité récente en plein développement.
L’ensemble des actes de radiologie interventionnelle, « du plus simple au plus compliqué », représente un volume d’activité supérieur à 500 000 patients en France.
La conception européenne sépare la radiologie en spécialités d’organe associant pour chacune d’elles la radiologie diagnostique et la radiologie interventionnelle. Cette conception, largement majoritaire, a été choisie en France par les structures représentatives de la profession. Elle permet d’éviter la balkanisation de la discipline et fait du radiologue diagnosticien et interventionnel un interlocuteur très averti pour le clinicien. Le radiologue interventionnel est ainsi un « médecin thérapeute » qui doit assurer la pleine responsabilité du patient qu’il prend en charge, avant, pendant et après l’intervention.
Le maintien des compétences est fondé sur le développement professionnel continu et sur un seuil d’activité minimale, déterminé en fonction de l’activité choisie.
L’organisation du maillage territorial de la permanence des soins doit être réalisée sous l’égide des Agences régionales de la santé, en collaboration avec les représentants de la profession et validée par les observatoires régionaux des urgences.
Une juste valorisation de l’activité est enfin nécessaire. Elle suppose la mise en place d’un observatoire national, le recensement et le classement des actes et la mise en place d’un contrat type pour les centres concernés.
* D’après un entretien avec le Pr Françis Joffre, responsable de la Fédération de Radiologie Interventionnelle de la SFR, service de radiologie, CHU Rangueil, Toulouse.
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