La transmission présymptomatique de la variole du singe (Monkeypox), dont les symptômes se caractérisent surtout par des éruptions cutanées, apparaît « considérable », selon les auteurs d'une étude de « contact tracing » publiée dans le « BMJ ».
Ces travaux ont été réalisés au Royaume-Uni, l'un des premiers pays où s'est étendue l'épidémie actuelle. Celle-ci a provoqué, à partir du printemps, l'apparition de nombreux cas de variole du singe en Europe et sur le continent américain, alors que la maladie était jusqu'alors essentiellement présente dans plusieurs pays africains.
En France, 4 094 cas ont été confirmés en date du 25 octobre (soit 10 cas supplémentaires depuis le bilan du 18 octobre, données de Santé publique France). Si l'épidémie, qui a frappé près de 80 000 patients et provoqué une trentaine de décès dans le monde, semble actuellement se résorber, les autorités sanitaires restent vigilantes. À ce titre, il est important de connaître le risque de transmission « silencieuse », c'est-à-dire le risque pendant la période d'incubation, avant la manifestation des premiers symptômes.
Une transmission possible quatre jours avant les symptômes
Les auteurs de l'étude, dirigée par l'épidémiologiste Thomas Ward, ont tenté de répondre à cette question en examinant les données de 2 746 patients britanniques. Comme pour l'épidémie actuelle dans son ensemble, il s'agit principalement d'hommes ayant eu des relations sexuelles avec des hommes.
Les chercheurs se sont intéressés au temps d'incubation pendant lequel le patient est porteur du virus sans le savoir, ainsi qu'au délai qui s'écoule à partir de l'apparition des symptômes chez un patient donné, jusqu'à leur apparition chez celui à qui il a transmis la maladie. En les comparant, ils ont conclu que ce second délai tend à être plus court que le premier, ce qui va dans le sens d'une transmission avant les premiers symptômes. Ils estiment par ailleurs que cette transmission présymptomatique représente plus de la moitié des cas, et peut intervenir jusqu'à quatre jours avant les symptômes.
Ces résultats doivent toutefois encore être confirmés par des études supplémentaires, estiment d'autres chercheurs dans un commentaire également publié sur le « BMJ ».
À l'heure actuelle et même avec ce travail, la transmission présymptomatique « n'est pas irréfutable », préviennent-ils. Pour autant, ils estiment que l'étude marque un pas important dans cette direction, de par l'échantillon important de patients ainsi que le sérieux des modèles statistiques utilisés.
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