Dans son avis daté du 6 décembre publié ce mercredi 8 décembre, le Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale estime que « les indications de la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans paraissent réunies ». Le groupe d'experts dirigé par le Pr Alain Fischer conditionne toutefois sa mise en place à l'obtention de données en vie réelle attendues fin décembre 2021.
Cette publication tombe deux jours après que le Premier ministre Jean Castex a affiché sa volonté d'ouvrir la vaccination contre le Covid-19 « à tous les enfants » de 5 à 11 ans, « sur la base du volontariat, si possible d'ici la fin de l'année ». Pour les 360 000 enfants « à risque » de développer des formes graves du virus, la vaccination a déjà reçu le feu vert de la Haute Autorité de santé (HAS) et « commencera dès le 15 décembre », a indiqué le Premier ministre.
En se basant sur les données épidémiologiques récentes, les experts jugent que la vaccination des enfants âgés de 5 à 11 ans présente un bénéfice individuel direct et immédiat pour éviter les formes sévères : 934 enfants de moins de 18 ans ont été hospitalisés en France du 30 août au 14 novembre 2021, dont 110 en soins critiques et 98 en réanimation.
Dans la situation actuelle, les enfants de 6-10 ans représentent la tranche d'âge parmi les moins de 18 ans où l'incidence est la plus forte, ce qui serait dû au fait qu'il s'agit d'une population non vaccinée. C'est aussi la catégorie d'âge où l'incidence des syndromes inflammatoires multisystémiques (PIMS) est la plus forte (56,5/1 000 000).
Le Conseil estime également que la vaccination des enfants contribuerait à éviter la fermeture de classes de l'enseignement primaire et diminuerait significativement la circulation virale et les contaminations intrafamiliales.
Les données viendront des États-Unis
En l'état, les données d'efficacité et de sécurité de la vaccination dans la population pédiatrique sont encore parcellaires, même chez les adolescents, comme le reconnaît Christelle Ratigner-Carbonneil, présidente de l'Agence du médicament (ANSM), lors d'une rencontre avec la presse ce 9 décembre : « il y aura des focus sur la surveillance des signaux de sécurité chez les 12-17 ans, promet-elle. Nous avons demandé à un expert pédiatrique spécifique de travailler spécifiquement sur les cas qui pourraient remonter. Pour l'instant, il n'y a pas de données de vie réelle qui permettent d'être affirmatif. On peut quand même noter qu'aux États-Unis, très peu de cas d'effets secondaires ont été notés, malgré une population pédiatrique conséquente. Il est donc probable que le profil de sécurité soit le même que chez l'adulte », espère-t-elle.
Aux États-Unis, où la fréquence de Covid sévère pédiatrique est plus élevée qu'en Europe, le Centre de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) recommande la vaccination chez les enfants avec le vaccin Pfizer. Le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale espère donc voir de données solides en vie réelle d'ici à la fin du mois de décembre. En attendant, il a recensé, dans la littérature, les études qui ont été publiées jusqu'à présent : 2 268 enfants âgés de 5 à 11 ans ont été recrutés dans l'essai de phase 3 de Pfizer-BioNTech.
Aucune complication n'a été signalée lors de cet essai, mais le faible effectif ne permettait pas de détecter les effets secondaires sévères qui ont une fréquence de l'ordre de 1/1 000 ou moins. Le vaccin a permis de prévenir 90,7 % des formes symptomatiques pendant un suivi médian de 2,3 mois. Concernant les données en vie réelle, une lettre de recherche encourageante a été publiée le 25 novembre dernier, mais elle ne portait que sur les adolescents et ne saurait être extrapolée aux enfants de 5 à 11 ans.
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