La perspective de rassemblements pour les célébrations du Nouvel An inquiète le Conseil scientifique. Dans un avis publié le 18 décembre, l’instance estime que « des mesures de restriction significatives doivent pouvoir être prises par les autorités à l'occasion du réveillon (y compris le cas échéant sous la forme de limitation d'activités collectives ou de couvre-feux), avec la possibilité d'une déclinaison territoriale ».
Pour Noël, l’avis se veut rassurant : les Français « auront à cœur » de se réunir « en nombre plus limité, de se faire tester avant, de s'assurer que les plus anciens ont bien reçu leur dose de rappel », est-il prédit. Les festivités du Nouvel An, en revanche, font craindre l’apparition de « mini-clusters » liés au nouveau variant Omicron. Ces clusters « pourraient diffuser rapidement dans les jours qui suivent sur l'ensemble du pays, compte tenu des mouvements de populations à cette période », alerte l’avis.
Un appel à la « responsabilité individuelle »
À l’issue d’un Conseil de défense, le 17 décembre, le Premier ministre a déjà recommandé aux mairies de renoncer aux événements de la Saint-Sylvestre et indiqué que la consommation d'alcool sur la voie publique serait interdite dans toute la France ce soir-là. Un temps évoqué, la gratuité des autotests ne sera pas appliquée.
Le Conseil scientifique en appelle donc à la « responsabilité individuelle » et invite à « limiter la taille des événements festifs », à « se faire tester largement le 31 décembre », à « ne pas multiplier les différents lieux de sorties pour une même personne qui, si elle est infectée, serait à l'origine de plusieurs clusters » et à « éviter de voir des personnes âgées de plus de 65 ans durant la première semaine de janvier » si on a croisé beaucoup de monde au réveillon.
L’enjeu est de freiner l’émergence d’Omicron, alors que la vague Delta se poursuit. Si les contaminations liées à ce dernier ont « probablement atteint un pic ou un plateau », l’impact sur le système de soins devrait se prolonger jusqu’en janvier 2022 à un « niveau élevé » pouvant atteindre « 3 500 hospitalisations en soins critiques », est-il anticipé.
Ainsi, Delta reste actuellement dominant en France. Mais l’exemple britannique, confronté au variant Omicron plus contagieux, montre le « risque d’aggravation d’une situation déjà difficile », poursuit l’avis.
Menace et incertitudes liées à Omicron
Malgré des données encore « très évolutives et encore peu solides », le niveau de transmission « très élevé » se confirme. « L’impact des mutations observées pour les virus Omicron* sur la contagiosité est confirmé, tant du fait d’un échappement immunitaire lié aux mutations localisées sur la protéine de spicule, que de sa capacité réplicative augmentée », indique l’avis, rappelant que leur détection n’est pas mise en défaut avec les outils actuels.
Les données préliminaires font par ailleurs état d’un « maintien de la protection induite par l’immunité cellulaire de type TCD4 et TCD8, immunité observée notamment chez les convalescents et à un moindre degré chez les vaccinés (CD8) avec un vaccin à ARNm ».
En revanche, un échappement à la protection immunitaire humorale est observé. « La protection six mois après deux doses de vaccin à ARNm a été estimée par modélisation à 40 % contre l'infection symptomatique, et 80 % contre la maladie sévère, lit-on. Une dose de rappel avec un ARNm augmenterait cette protection à 86 % contre l'infection symptomatique, et 98 % contre les formes sévères. »
Côté traitements, les anticorps monoclonaux casirivimab/imdevimab (Ronapreve de Roche/Regeneron) et bamlanivimab/etesevimab (Lilly) semblent perdre leur efficacité, tandis que des données non stabilisées montrent une efficacité partielle pour les anticorps monoclonaux tixagevimab/cilgavimab (Evusheld d'AstraZeneca) et « probablement conservée » pour l'anticorps monoclonal sotrovimab (Xevudy de Vir Biotechnology/GSK). « Le médicament par voie orale Paxlovid (Pfizer) devrait être efficace, car dirigé contre la protéase du virus qui est peu modifiée, mais ce produit ne sera disponible en quantité qu'à partir de mi-février 2022 », est-il encore précisé.
* Deux sous-lignages du variant Omicron sont en circulation : BA.1 – majoritaire - et BA.2 – minoritaire.
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