De premières données en vie réelle venues des États-Unis avaient déjà suggéré que le vaccin de troisième génération contre la variole (Imvanex en Europe et Jynneos aux États-Unis) offrait une protection efficace dès la première dose contre la variole du singe (monkeypox, en anglais), renommée mpox par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dans une lettre publiée dans le « NEJM », l’équipe du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat (AP-HP) montre cette fois le bénéfice de la vaccination en post-exposition.
Menée du 27 mai au 13 juillet 2022, leur étude observationnelle monocentrique a évalué le risque de percées infectieuses chez des personnes vaccinées après une exposition à haut risque au mpox (contact direct peau à peau ou muqueuse, contact indirect, exposition à des gouttelettes respiratoires ou l'ensemble de ces expositions).
Avant de devenir préventive pour les populations à risque en juillet dernier, la vaccination en France a d’abord été réactive en post-exposition pour les personnes ayant été en contact avec une personne infectée.
Seuls 4 % des vaccinés ont développé une infection « non grave »
Les auteurs ont ainsi recruté « tous les participants consécutifs qui avaient reçu un vaccin (…) à une dose sous-cutanée de 0,5 ml après une exposition à haut risque au mpox ». Au total, 276 participants ont été inclus, dont 84 % d’hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes, avec une médiane de huit partenaires sexuels au cours du mois précédent. Ils avaient en moyenne reçu une dose de vaccin 11 jours (de 8 à 14 jours) après l'exposition. Parmi eux, 41 % avaient été confrontés à deux types d'exposition : exposition indirecte et à des gouttelettes respiratoires (28 %) ou exposition directe et à des gouttelettes respiratoires (10 %). Et 37 % cumulaient les trois types d'exposition.
Parmi ces vaccinés, seuls 4 % ont développé une infection mpox, et celle-ci était « non grave ». Parmi ces cas, 33 % avaient une infection VIH bien contrôlée (contre 12 % chez les vaccinés non infectés) et 17 % avaient des antécédents de vaccination contre la variole (contre 11 % parmi les vaccinés non infectés). Ces infections se sont développées dans les cinq jours suivant la vaccination chez 10 des 12 patients. Pour les deux autres, les infections se sont déclarées à 22 jours et à 25 jours.
« Les infections précoces peuvent s'expliquer par le délai entre l'exposition et la vaccination (médiane de 11 jours), car l'incubation du mpox varie de 5 à 21 jours, mais ces infections soulèvent également la possibilité d'une exposition plus précoce », relèvent les auteurs. Concernant les deux infections plus tardives, les deux participants « ont indiqué qu'ils n'avaient pas eu de nouvelle exposition, mais ils étaient les seuls participants qui avaient un animal de compagnie (un chat et un chien, tous deux asymptomatiques, et qui partageaient les maisons des participants mais sans dormir avec eux) », est-il précisé.
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