Alors que la flambée de variole du singe (monkeypox en anglais) est en décroissance partout dans le monde, plusieurs scénarios d’évolution de la situation en France sont explorés dans le deuxième avis du Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), rendu ce 28 novembre.
« Le plus probable » à court terme, a expliqué lors d’un point presse Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur et membre du Covars, est une circulation « à bas bruit » du virus, que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénommera désormais mpox pour éviter toute discrimination.
La chute des cas dans le monde et en France où seulement sept nouvelles infections ont été enregistrées sur les deux premières semaines de novembre, est un élément « encourageant », juge-t-il. La réduction des comportements à risque des populations les plus exposées a « sans doute » joué un rôle « déterminant » dans la décrue rapide de cette épidémie qui « a trouvé une niche » pour se diffuser parmi les hommes ayant des relations homosexuelles (HSH) avec plusieurs partenaires, qui représentent la grande majorité des cas.
La menace d'une résurgence en France
Un rebond est toutefois possible si un « retour des comportements à risque avec de multiples partenaires » est observé, poursuit Simon Cauchemez. Si la prévention et la vaccination se maintiennent, une élimination est envisageable, mais ce scénario est évoqué avec « prudence » par le modélisateur. Car, à plus long terme, la poursuite d’une circulation internationale fait peser la menace d’une résurgence en France.
L’avis du Covars invite ainsi à maintenir les efforts en faveur d’un schéma vaccinal complet des personnes à risque, une stratégie de réduction des risques jugée plus durable que les changements de comportements. Ciblant une population estimée de 100 000 à 300 000 personnes (les HSH avec partenaires multiples, les personnes trans déclarant des partenaires sexuels multiples, les travailleurs du sexe et les professionnels exerçant dans les lieux de consommation sexuelle), la campagne vaccinale a pour l’instant permis d’administrer 132 750 doses au 17 novembre.
Mais, en l’absence de rapprochement des différentes bases de données comme ce fut le cas pour le Covid, aucune donnée n’est disponible sur les nombres des premières et deuxièmes doses auxquels correspondent ces injections. Selon la Pr Brigitte Autran, présidente du Covars, 20 000 de ces injections sont « probablement » des deuxièmes doses.
Pour améliorer la surveillance, le Covars recommande par ailleurs d’intégrer le mpox aux dispositifs de dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST). S’appuyer sur la « bonne organisation » en place est « le plus simple et le plus efficace », selon la Pr Autran. En cas de détection, il faut aller « jusqu’au diagnostic avec PCR » et à la déclaration, poursuit-elle. Et, parce que c’est une « maladie potentiellement animale », la surveillance doit aussi porter sur la faune domestique et sauvage.
En matière de recherche, l’effort doit porter sur la maladie, le vaccin, les traitements ou encore sur l’immunité de la population. Pour y parvenir, le Covars préconise d’assouplir la réglementation sur les micro-organismes et toxines hautement pathogènes (MOT) à laquelle est actuellement rattaché le virus mpox en France. Cette réglementation fait peser des contraintes sur l’utilisation : « tout laboratoire qui détecte un pathogène de la liste des MOT doit le détruire ou l’envoyer dans un laboratoire autorisé », rappelle le virologue Bruno Lina, membre du Covars. Un assouplissement des différentes contraintes est ainsi nécessaire « pour que la recherche puisse se faire », conclut la Pr Autran.
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