Quelles conséquences la réforme de 2011 aura-t-elle sur la santé des médecins du travail ?
« Selon les stéréotypes, le médecin du travail va bien ! Qui ne s’est jamais dit que nous étions des planqués ? » demande à son auditoire de médecins du travail François-Xavier Lesage, spécialiste de pathologie professionnelle au CHU de Reims et doctorant en psychologie.
Dans les enquêtes, le burnout* est réputé pour toucher en priorité les médecins généralistes, chirurgiens, oncologues et internes. Des médecins du travail, pas un mot. Pourtant, ils seraient victimes « d’une menace de l’identité perpétuelle et sont les premiers à être confrontés à la montée du stress au travail », assure François-Xavier Lesage.
Pour en avoir confirmation, il a envoyé un questionnaire dans 16 régions et reçu 1 440 réponses exploitables de médecins du travail. Il apparaît que leur vécu du stress est plus aigu que chez 350 salariés du régime général précédemment interrogés (sur une échelle de 1 à 10, les médecins du travail notent le stress à 4,67, les salariés à 3,75). Le burnout* touche 12 % des répondants. Il n’est que de 5 % chez 300 médecins généralistes étudiés en 2004. Et environ 2 médecins du travail sur 3 décrivent un faible accomplissement personnel.
Selon le médecin chercheur, cette altération de l’état de santé de ces spécialistes est davantage liée à une menace identitaire qu’à leurs conditions matérielles. Certes, l’effectif attribué au médecin du travail et les relations avec les collègues jouent. Mais la reconnaissance qu’on retire de son travail, le sens qu’on lui donne ou encore les relations avec les entreprises seraient les principales causes de ce burnout.
Évalué en fonction de l’épuisement émotionnel, une forte dépersonnalisation et un faible accomplissement personnel.
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