Il y a dix jours, un dimanche, une anesthésiste s’est, sans laisser d’explication, suicidée à l’hôpital de Châteauroux dans l’Indre. Comme chaque fois qu’un praticien met fin à ses jours sur son lieu de travail, le geste de cette jeune femme a suscité une très vive émotion dans la profession. Sur le site du « Quotidien », c’est une cinquantaine de confrères qui ont posté un mot de colère ou de désarroi.
De ces messages, il ressort de la tristesse, bien sûr, mais aussi le sentiment que la « fragilité » des médecins n’est plus un sujet tabou. « Le pourcentage de décès par suicide dans la profession médicale dépasse de très loin celui de la Poste ou de Renault », constate un contributeur qui a sans doute entendu l’UFML marteler que les hommes et femmes de l’art se suppriment 2,5 fois plus que les Français en général. De fait, la profession ne rechigne plus à regarder ses morts en face : vous êtes nombreux à expliquer avoir personnellement connu des médecins qui se sont suicidés. Les yeux se décillent et des parades se font jour. « Consœurs et confrères, écrit un internaute, je vous invite à vous arrêter et à consulter un confrère comme n’importe quel patient lambda et vous arrêter dès que la fatigue se fait trop sentir. (...) Nous sommes d’une profession dominée par l’empathie qu’ignore la logique cynique de l’économie. »
CCAM technique : des trous dans la raquette des revalorisations
Dr Patrick Gasser (Avenir Spé) : « Mon but n’est pas de m’opposer à mes collègues médecins généralistes »
Congrès de la SNFMI 2024 : la médecine interne à la loupe
La nouvelle convention médicale publiée au Journal officiel, le G à 30 euros le 22 décembre 2024