« NOUS AVONS réalisé la première étude prospective, multicentrique dont les résultats démontrent qu’il est à la fois possible d’identifier et de quantifier directement la présence d’agrégats ß amyloïdes grâce à une procédure d’imagerie moléculaire », écrivent Christopher M. Clark (Philadelphie, États-Unis) et coll. « Cette technique permettra à de futures études d’identifier la présence cérébrale de ß amyloïde chez des individus alors que les symptômes sont encore plutôt modérés et ceci bien des années avant leur décès. »
Cet enthousiasme des chercheurs américains apparaît logique dans la mesure où leur technique de tomographie par émission de positons (PET scan) utilisant le florbétapir F 18 comme biomarqueur pourrait, enfin, apporter l’élément diagnostique de la maladie d’Alzheimer qui fait défaut. Cette molécule a, en effet, montré une affinité élevée pour la protéine ß amyloïde. Son absorption maximale survient à la 30e minute suivie d’un plateau de 60 minutes, suffisant pour réaliser des clichés.
Confirmées par l’autopsie.
L’objectif du travail était de vérifier si les données du PET scan au florbétapir seraient confirmées ultérieurement par l’autopsie. Pour y parvenir, les chercheurs ont enrôlé, entre février 2009 et mars 2010, 152 individus proches de la fin de vie. Parmi eux 35 ont fait l’objet de l’étude de corrélation. Six d’entre eux ont servi à mettre en place le protocole et les 29 autres ont permis d’aboutir aux conclusions. L’équipe a de plus réalisé des PET scan au florbétapir chez 74 sujets de 18 à 50 ans, a priori sains, pour évaluer les faux positifs.
Chez les 29 sujets analysés le PET scan a été réalisé en moyenne 99 jours avant le décès (1 à 377 jours). Quinze de ces participants remplissaient les critères de maladie d’Alzheimer. La confrontation des données montre une nette corrélation entre la présence et la quantité de florbétapir cortical et celles de ß amyloïde à l’histologie. Les deux examens ont été en accord dans 96 % des cas, positifs et négatifs. Le PET scan, enfin, n’a jamais mis en évidence de dépôts amyloïdes chez les 74 témoins indemnes cliniquement.
Ce travail connaît certes quelques limites : seulement 35 autopsies et une lecture des scanners par trois spécialistes entraînés (qui n’existe pas en pratique). Les auteurs ajoutent que si la présence de dépôts ß amyloïdes est indispensable au diagnostic, la tolérance individuelle joue dans l’apparition de la pathologie.
Ils concluent en rappelant que la présence des agrégats ß amyloïdes est un facteur de risque de maladie d’Alzheimer. Dès lors l’imagerie fonctionnelle au florbétapir permettrait de mieux sélectionner et suivre les sujets à risque, notamment dans le cadre d’essais thérapeutiques.
JAMA, 19 février 2011, vol 305, n°3, pp. 275-283.
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