ÉVALUER correctement une préférence sexuelle est une phase importante de la prise en charge des agresseurs sexuels. Selon une enquête allemande, 8,6 % des femmes et 2,8 % des hommes rapportent à l’âge adulte avoir été victimes d’un sévice sexuel sévère dans l’enfance. Étant donné la fréquence et les dégâts psychologiques, des efforts de recherche considérables sont faits pour élucider les causes, développer des traitements. Et diagnostiquer. La méthode standard utilisée pour identifier des préférences sexuelles est la phallométrie ou réponse du pénis à des stimuli standardisés présentés au sujet. Une méthode limitée à cause de son caractère intrusif et critiquée pour son absence de fiabilité.
Des chercheurs allemands ont étudié l’utilisation de l’IRM fonctionnelle (IRMf). Ils présentent une étude chez 24 hommes, diagnostiqués comme pédophiles selon la classification du DSMIV-TR. Onze des participants avaient une attraction vers les filles prépubères (pédophiles hétérosexuels) et 13 vers les garçons prépubères (pédophiles homosexuels). Un groupe témoin de 32 hommes volontaires (attirés par des adultes femmes ou des adultes hommes et referrés comme téléiophiles) a été constitué.
Des images de procédures standardisées.
Pendant l’IRMf, leur ont été présentées aux sujets des images utilisées dans les procédures standardisées (International Affective Picture System) pour déterminer s’il y a un déclenchement sexuel devant des adultes ou des enfants (filles et garçons), ainsi que des images aux scores d’excitation sexuelle nuls. Les images sont présentées pendant des durées brèves pour éviter les réponses falsifiées.
Pour chaque participant, on a calculé les différences d’oxygénation d’aires cérébrales significatives de stimulation sexuelles. Un traitement statistique a été réalisé analyse discriminante de Fischer.
Les auteurs trouvent « de manière consistante une activité spécifique dans un groupe d’aires cérébrales connues pour être impliquées dans le traitement des stimuli sexuels : nucleus caudé, cortex cingulaire, insula, gyrus fusiforme, cortex temporal et occipital, thalamus, amygdale et cervelet ». Au total, les motifs IRMf des réponses cérébrales aux stimuli sexuels de différentes natures contiennent suffisamment d’informations pour identifier les pédophiles avec une bonne exactitude : une classification automatique de ces motifs représente un outil d’objectivation prometteur pour un diagnostic clinique de la pédophilie.
Une limitation : les sujets recrutés étaient des pédophiles reconnus. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour améliorer la fiabilité dans le cas de pédophiles non exclusifs ou n’admettant pas leur trouble.
Arch Gen Psychiatry, 2012;69(2):187-194.
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